Massif du Fouta Djallon : Bah Oury alerte sur une menace pour des millions de personnes en Afrique de l’Ouest

5 min de lecture

Considéré comme le véritable château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, le massif du Fouta Djallon occupe une place stratégique dans l’équilibre environnemental et hydrologique de la sous-région. Ses ressources en eau profitent non seulement à la Guinée, mais également à neuf autres pays ouest-africains : le Bénin, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone.

 

- SMS NEWS -
SMS ALERTE - Mini Landing Page

📱 SMS ALERTE

L'actualité en direct sur votre mobile

🎉

3 JOURS GRATUITS

🎁

Profitez de nos actualités sans engagement

COMMENCER MON ESSAI GRATUIT
Actus Express
📱
Par SMS
🌐
Sans Internet

Ce massif montagneux abrite plus de 8 000 têtes de source alimentant un vaste réseau de 1 165 cours d’eau. Ces derniers donnent naissance à plusieurs fleuves et rivières répartis dans 23 bassins versants, dont 14 sont partagés par la majorité des États ouest-africains. Parmi eux figurent notamment les bassins des fleuves Gambie, Niger et Sénégal. Le Fouta Djallon joue également un rôle essentiel dans la recharge des nappes phréatiques, indispensables aux besoins domestiques et agricoles des populations de la région.

La préservation de cet écosystème a été au cœur de l’intervention du Premier ministre Bah Oury lors de l’ouverture, à Conakry, de l’atelier régional de validation du Plan de convergence forestière révisé 2025-2035 de la CEDEAO.

Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour protéger ce patrimoine naturel d’importance régionale. « Nous sommes dans une dynamique de renforcement des actions pour la préservation du massif de Fouta Djallon qui est un patrimoine non pas simplement pour la Guinée, mais pour l’Afrique de l’Ouest. L’essentiel des fleuves ouest-africains prennent leur source dans cette région. Donc la dégradation de ce massif est un risque pour une centaine de millions d’habitants. Nous avons besoin du concours de tous pour que la question de l’inscription du massif du Fouta Djallon soit une question régionale et non pas une question qui concerne la Guinée à elle seule », a déclaré Bah Oury.

Dans cette perspective, le Premier ministre a rappelé les ambitions du gouvernement en matière de gestion durable des ressources en eau. Selon lui, la réalisation de grands barrages permettra à la fois de renforcer la production énergétique et de soutenir le développement agricole grâce à l’irrigation. « Les barrages de Koukoutamba, de Fomi sont des barrages qui de ce point de vue vont contribuer aussi bien pour les aspects énergétiques, mais aussi pour les aspects d’irrigation qui permettront aux hommes et aux femmes de pouvoir s’y installer, d’y travailler et de prospérer. »

Depuis plusieurs années, le massif du Fouta Djallon subit une détérioration accélérée de ses ressources naturelles sous l’effet combiné du changement climatique et des activités humaines.

Lors d’une visite effectuée dans la région en juin 2024, le directeur régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Robert Gouantoueu Guei, avait déjà tiré la sonnette d’alarme. « La dégradation du massif est très visible. La situation est inquiétante, et les conséquences risquent d’être très désastreuses », avait averti l’expert.

L’engagement de Bah Oury en faveur de la protection du Fouta Djallon ne date pas d’aujourd’hui. En septembre 2024, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, il avait plaidé pour une reconnaissance internationale de ce patrimoine naturel. « Nous ne pouvons ignorer l’importance de la préservation de notre environnement, en particulier des écosystèmes sensibles comme le Massif du Fouta Djallon, ce site véritable château d’eau pour toute l’Afrique de l’Ouest et vital pour l’équilibre écologique de notre région où 15 États sont concernés. Sa protection n’est pas seulement une question nationale mais une responsabilité collective. »

Le Premier ministre avait également réaffirmé la volonté de la Guinée d’obtenir l’inscription du Massif du Fouta Djallon sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Un projet qui vise, selon lui, à « garantir sa conservation pour les générations présentes et futures, et à renforcer les efforts globaux en matière de développement durable tout en anticipant les risques de conflits liés à l’accès à l’eau».