L’ouverture du procès d’Elhadj Nouhou Diallo, fondateur d’un Groupe scolaire situé à Wanindara et responsable religieux, n’a finalement pas permis d’aborder le fond du dossier. Poursuivi pour des faits présumés de viol sur mineure, l’accusé ne s’est pas présenté à l’audience de ce jeudi 2 juillet devant le Tribunal de première instance de Dixinn, en raison de son état de santé, selon les informations communiquées à la juridiction.
Prenant acte de cette absence, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 9 juillet 2026, date à laquelle la comparution d’Elhadj Nouhou Diallo est désormais attendue, sauf nouveau renvoi. Dans cette même procédure, Raphaël Fangamou est poursuivi pour complicité d’avortement. Seul prévenu détenu présent à l’audience, il a comparu avant d’être reconduit à la Maison centrale de Conakry. Un troisième mis en cause, Nema Doré, est également poursuivi dans ce dossier mais demeure en fuite, selon l’accusation.
Les poursuites trouvent leur origine dans des faits remontant au mois d’octobre 2024. Le ministère public reproche à Elhadj Nouhou Diallo d’avoir commis un viol sur une élève mineure de son établissement scolaire. Le dossier porte également sur des faits présumés de complicité d’avortement impliquant d’autres personnes.
L’affaire avait provoqué une vive émotion dans le quartier de Wanindara, où l’accusé est connu à la fois pour ses activités éducatives et son rôle d’imam dans une mosquée du quartier.
Quelques semaines après son inculpation, la remise en liberté sous contrôle judiciaire d’Elhadj Nouhou Diallo avait suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion.
Dans un communiqué publié le 5 novembre 2024, le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry avait expliqué que cette décision résultait d’une ordonnance rendue par la deuxième chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’appel.
Le ministère public rappelait que l’intéressé avait initialement été placé en détention provisoire par le Tribunal de première instance de Dixinn avant que sa défense ne fasse appel de cette décision.
Malgré l’opposition du Parquet, la juridiction d’instruction avait ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire en application de l’article 294, alinéa 5 du Code de procédure pénale, disposition qui prévoit une décision insusceptible de recours.
Le Parquet avait précisé qu’il s’était conformé à cette ordonnance tout en annonçant qu’il veillerait au respect des obligations imposées dans le cadre du contrôle judiciaire. Dans le même communiqué, il dénonçait également la diffusion de fausses informations susceptibles, selon lui, de porter atteinte à la crédibilité de l’institution judiciaire.
Les accusations de la famille de la plaignante
La remise en liberté de l’imam avait été vivement contestée par les proches de la jeune fille à l’origine de la plainte. Le 4 novembre 2024, les parents de Rouguiatou Diallo, alors âgée de 17 ans et élève en 7ᵉ année au Groupe scolaire Elhadj Nouhou, avaient organisé un sit-in devant l’établissement à Wanindara pour dénoncer cette décision de justice et réclamer la poursuite de la procédure.
Selon la famille, la jeune fille aurait été victime d’un viol ayant entraîné une grossesse, suivie d’un avortement. Ces accusations sont au cœur de la procédure actuellement pendante devant le Tribunal de première instance de Dixinn.
Au cours de cette manifestation, Tidjane Sow, présenté comme l’oncle de la plaignante, avait affirmé que la famille disposait d’éléments de preuve ayant conduit à l’interpellation de plusieurs personnes, notamment le gérant d’un hôtel et un médecin soupçonné d’avoir pratiqué l’avortement. Il avait également dénoncé la remise en liberté de l’imam et appelé les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur cette affaire.
Ces déclarations reflètent la position de la famille de la plaignante et feront partie des éléments susceptibles d’être examinés dans le cadre des débats judiciaires.
Les débats de fond attendus le 9 juillet
Le renvoi prononcé ce jeudi reporte une nouvelle fois l’ouverture des débats de fond dans une affaire particulièrement suivie par l’opinion publique.
Sauf nouvel empêchement, le Tribunal de première instance de Dixinn devrait examiner les faits reprochés aux prévenus lors de l’audience du 9 juillet 2026, avec la comparution attendue d’Elhadj Nouhou Diallo.
À l’issue de cette audience, le tribunal devra entendre les différentes parties, examiner les preuves produites au dossier et apprécier les responsabilités pénales de chacun des mis en cause.
Conformément au principe de la présomption d’innocence, Elhadj Nouhou Diallo, Raphaël Fangamou et les autres personnes poursuivies sont présumés innocents tant qu’aucune décision de condamnation définitive n’a été rendue à leur encontre.

