Le Tribunal de première instance de Dixinn a clôturé, ce jeudi, les débats dans l’affaire de trafic international présumé de cocaïne et de complicité impliquant Fatoumata Binta Diallo et Anthonia Idjoma Nwokedi. Les deux prévenues, poursuivies sur la base des articles 19, 812 et 819 du Code pénal, seront fixées sur leur sort le 9 juillet 2026, après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense.
Placées sous mandat de dépôt depuis le 12 février 2026 et détenues à la Maison centrale de Conakry, les deux femmes ont, tout au long de la procédure, catégoriquement nié les faits qui leur sont reprochés.
Selon les éléments présentés à l’audience, Fatoumata Binta Diallo a été interpellée le 7 février 2026, aux environs de 20 heures, alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour la Tunisie. Les agents de la Brigade antidrogue affirment avoir découvert dans ses bagages 1,18 kilogramme de cocaïne dissimulé dans une valise.
Les investigations ouvertes à la suite de cette arrestation ont conduit à l’interpellation d’Anthonia Idjoma Nwokedi. Une perquisition effectuée à son domicile aurait permis la saisie de plusieurs objets versés au dossier de la procédure.
Avant le début des réquisitions et des plaidoiries, la défense a rappelé avoir déposé une requête visant la restitution des effets personnels de Fatoumata Binta Diallo, placés sous scellés.
Le ministère public n’a formulé aucune objection à cette demande. Le tribunal a indiqué qu’il statuait sur ce point dans sa décision finale.
Dans ses réquisitions, le procureur est revenu sur les circonstances de l’arrestation des deux prévenues, affirmant qu’elles avaient nié les faits lors de l’enquête préliminaire. « Nous allons coudre les deux accusés dans le même sac. Le rôle de chacune d’elles a joué concourait à l’exportation de la cocaïne », a déclaré le ministère public.
Le représentant du parquet a également évoqué le parcours de Fatoumata Binta Diallo, rappelant un précédent séjour en Tunisie pour des raisons médicales, tout en estimant que l’argument avancé ne tenait pas. Poursuivant son argumentation, il a ajouté : « Si elles ont eu l’intention de cacher cette drogue dans les semelles de leurs chaussures c’est parce qu’elles savent que c’est une chose interdite. (…), aucune raison ne justifie le transport international de cocaïne ».
Le procureur a ensuite soutenu : « Il est constant que la valise contenant de la cocaïne a été saisie avec dame Fatoumata Binta Diallo et cette valise a été préparée par dame Anthonia Idjoma Nwokedi. Ce qui n’est pas connu, c’est celui qui devrait la recevoir », avant de demander au tribunal de retenir les accusées dans les liens de la culpabilité.
Estimant qu’il s’agit de délinquantes primaires, le ministère public a requis l’application de l’article 116 du Code pénal. Pour la répression, il a demandé cinq ans de réclusion criminelle contre chacune des prévenues, ainsi qu’une amende de 100 millions de francs guinéens, à payer solidairement.
De son côté, l’avocat de la défense a plaidé l’acquittement de ses clients, invoquant l’absence de l’élément moral de l’infraction. « Il y’a absence totale de l’élément moral. Il est évident qu’il y a l’élément matériel. Elles ont été toutes manipulées par ce nébuleux Sundey. C’est pourquoi nous plaidons l’acquittement de ces deux femmes », a-t-il déclaré.
Concernant Fatoumata Binta Diallo, il a ajouté : « Madame Fatoumata Binta ne peut prendre une valise contenant de la drogue et se jeter dans la gueule du loup. Elle ne savait certainement pas l’existence de la drogue dans cette valise ».
À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, le président du Tribunal de première instance de Dixinn a déclaré les débats clos et mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue pour le 9 juillet 2026.

