« On m’avait promis des millions » : un étudiant interpellé pour substitution au bac

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Un nouveau cas de substitution vient d’être enregistré dans le cadre des épreuves du baccalauréat unique, session 2026, en Guinée. Ce jeudi 2 juillet, Cheick Oumar Latif Kaba, étudiant en deuxième année de licence en management et marketing, a été interpellé au lycée Senghor, dans la commune de Matoto, alors qu’il s’apprêtait à composer à la place d’un candidat.

Présenté à la presse après son arrestation, le jeune homme a reconnu les faits et est revenu sur les circonstances qui l’ont conduit à accepter cette proposition. «J’ai été approché par un grand du quartier qui s’appelle Zimré. Il m’a dit qu’il connaissait mon niveau et m’a demandé de passer le baccalauréat à la place d’un de ses proches qui avait déjà échoué à trois reprises », a-t-il déclaré.

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Selon ses explications, cette sollicitation ne date pas de ce jeudi, mais s’inscrivait dans une démarche entamée plusieurs jours auparavant. « Depuis le début, il me suppliait de venir. Au départ, je ne me sentais pas du tout à l’aise. Finalement, j’ai accepté de venir aujourd’hui parce que le français, la philosophie et la géographie sont des matières que je maîtrise bien. »

L’étudiant affirme également qu’un accord financier avait été conclu avant son passage à l’acte. « On s’est compris sur un prix qui se chiffre en quelques millions. J’ai reçu une première partie de la somme et le reste devait m’être remis après le baccalauréat. »

Il assure toutefois avoir agi sous une forte pression. « Je ne l’ai pas fait de plein gré. Ils me mettaient constamment la pression en m’appelant. »

Visiblement ému, Cheick Oumar Latif Kaba a exprimé ses regrets et adressé un message à ceux qui seraient tentés par ce type de pratique. « Je ne suis pas fier de moi. On ne peut pas être fier de salir son image de cette manière. Je demande à tous ceux qui font cela d’arrêter. Ce n’est pas bon. Je regrette amèrement et je suis vraiment désolé. »

Le directeur communal de l’Éducation (DCE) de Matoto, Sékou Kaba, est revenu sur le déroulement de cette interpellation, saluant la réactivité des équipes déployées dans le centre d’examen. « J’ai été appelé par le délégué du centre qui m’a signalé un cas de substitution. Je me suis immédiatement rendu sur place. Une fois au secrétariat, j’ai demandé au candidat de dire la vérité et il a reconnu être venu composer à la place d’une autre personne.»

Le responsable éducatif a rappelé que la lutte contre la fraude répond avant tout à un impératif d’équité entre les candidats. « Un étudiant qui maîtrise le programme et compose à la place d’un autre prive les véritables candidats de leurs chances. Notre combat est de faire en sorte que celui qui a travaillé toute l’année mérite sa réussite. Celui qui n’a pas fourni d’efforts ne doit pas bénéficier du travail d’un autre.»

Il a également rendu hommage aux surveillants et superviseurs ayant permis de déjouer cette tentative de fraude. « Je félicite les surveillants et les superviseurs qui ont permis de mettre la main sur ce candidat. »

Les investigations se poursuivent désormais pour retrouver le principal organisateur présumé de cette opération de substitution. « Nous sommes en train de rechercher son complice. Il nous a été indiqué qu’il enseignerait dans plusieurs établissements. J’ai contacté les responsables de ces écoles, mais ils affirment qu’il n’est pas un enseignant régulier. Nous allons poursuivre les investigations afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a indiqué Sékou Kaba.

Cette interpellation s’ajoute à une série de cas de fraude enregistrés depuis le lancement des épreuves du baccalauréat unique, session 2026. Dès le premier jour des examens, une autre tentative de substitution avait déjà été signalée dans un centre d’examen de Forécariah, illustrant la vigilance accrue des autorités éducatives face à ce phénomène.