CRIEF : la défense de Kassory Fofana annonce un pourvoi en cassation

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La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son arrêt ce jeudi 2 juillet 2026 dans l’affaire impliquant l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana.

La juridiction d’appel a révisé la peine initiale, la faisant passer de cinq ans de prison à trois ans et six mois. À la suite de cette décision, les avocats de l’ancien chef du gouvernement ont immédiatement annoncé leur intention de saisir la Cour suprême, estimant que l’arrêt comporte des « contradictions » susceptibles d’en entraîner la censure.

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S’exprimant au nom de la défense, Me Sidiki Bérété a notamment dénoncé une incohérence entre les motifs retenus et le dispositif de la décision : « Kassory est déclaré non coupable de détournement de deniers publics portant sur la somme de 15 milliards. Pourtant, au niveau du dispositif, on le condamne à payer ce même montant à titre principal. La Cour reconnaît elle-même que, sur ces 15 milliards, 12 milliards se trouvent à la Banque centrale et 3 milliards ont été alloués à l’ANIES. Comment peut-on alors le condamner au paiement de cette même somme ? », s’est-il interrogé.

Selon lui, cette position judiciaire renforce la conviction de la défense quant à l’innocence de son client. « Même si la peine a été aménagée, nous croyons fermement à l’innocence de notre client. C’est à tort qu’on l’a retenu dans les liens de la culpabilité pour enrichissement illicite », a-t-il déclaré.

Me Bérété a également contesté les éléments retenus concernant les fonds retrouvés sur les comptes bancaires de l’ancien Premier ministre : « Ni la Cour, ni le ministère public, ni la partie civile n’ont démontré que les sommes retrouvées sur les comptes de Kassory à VISTAGUI proviennent de l’État guinéen. Il n’y a ni virement, ni traçabilité établissant une origine publique de ces fonds. »

L’avocat a poursuivi en relativisant la portée des montants évoqués au regard du parcours de son client : « Kassory a été Premier ministre, ministre des Finances et a servi l’État pendant près de quarante ans. Trouver environ 900 000 dollars sur son compte ne suffit pas à caractériser un enrichissement illicite», a-t-il estimé.

Il a également rappelé l’existence de fonds de souveraineté, selon la défense : « Kassory disposait de 30 milliards de francs guinéens au titre des fonds de souveraineté. Le montant retrouvé sur ses comptes est inférieur à cette somme.

Comment peut-on conclure à un enrichissement disproportionné ? Il existe une contradiction manifeste dans les motifs de la décision », a-t-il soutenu.

Pour la défense, l’évolution du dossier judiciaire conforterait sa position : « Devant l’instruction, l’accusation de corruption est tombée. En appel, le détournement de deniers publics est tombé. En cassation, nous ferons tout pour obtenir gain de cause, car il existe, selon nous, suffisamment de motifs pour faire censurer cette décision », a déclaré Me Bérété.

L’avocat a vivement critiqué le fonctionnement de la justice dans cette affaire : « Bien que la Cour reconnaisse que les 15 milliards sont aujourd’hui disponibles, elle condamne pourtant Kassory à payer cette même somme. J’ai le sentiment qu’il existe une main invisible derrière tout cela et que les magistrats ne disposent pas toujours de toute leur indépendance. C’est regrettable pour la justice guinéenne», a-t-il conclu.