Le procès de Fatoumata Binta Diallo et d’Anthenia Idjoma Nwokedi s’est ouvert ce jeudi 25 juin 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. Les deux femmes sont poursuivies pour trafic international présumé de cocaïne et complicité, des infractions prévues et réprimées par les articles 19, 812 et 819 du Code pénal.
Placées sous mandat de dépôt depuis le 12 février 2026 et détenues à la Maison centrale de Conakry, les prévenues ont catégoriquement rejeté les faits qui leur sont reprochés.
Selon les enquêteurs, Fatoumata Binta Diallo a été interpellée le 7 février 2026 aux environs de 20 heures alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour la Tunisie. Les agents de la Brigade antidrogue affirment avoir découvert dans ses bagages 1,18 kilogramme de cocaïne dissimulé dans une valise.
Les investigations menées à la suite de cette arrestation ont conduit à l’interpellation d’Anthenia Idjoma Nwokedi. Une perquisition effectuée à son domicile a permis la saisie de plusieurs objets versés au dossier de la procédure.
« Je ne savais pas qu’il y avait de la drogue »
À la barre, Fatoumata Binta Diallo a fermement nié avoir eu connaissance de la présence de stupéfiants dans la valise.
« On m’a arrêtée avec une valise. Je l’avais vérifiée et il n’y avait rien à l’intérieur, à part une paire de chaussures », a-t-elle déclaré.
Poursuivant sa déposition, elle a expliqué avoir remarqué que les chaussures étaient particulièrement lourdes.
« J’ai constaté que les chaussures avaient du poids. J’ai juste jeté un coup d’œil sans vérifier davantage. J’ignorais totalement qu’elles contenaient de la drogue », a-t-elle soutenu.
L’accusée a indiqué qu’au cours d’un échange téléphonique, il lui avait été demandé de ne pas voyager avec une valise personnelle. Selon elle, la valise remise devait également servir à transporter ses effets personnels.
Elle affirme n’avoir reçu aucune rémunération pour cette mission, tout en reconnaissant avoir perçu 300 euros présentés comme de simples frais de voyage.
« Si j’avais su qu’il y avait de la drogue dans cette valise, je n’aurais jamais accepté de la transporter », a-t-elle insisté, estimant avoir été manipulée.
Fatoumata Binta Diallo a également contesté les déclarations consignées lors de l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, affirmant qu’elles auraient été obtenues sous pression.
Concernant les raisons de son déplacement, elle a expliqué qu’elle devait se rendre à Tunis pour recevoir des soins médicaux financés par l’un de ses neveux et séjourner dans un hôtel une fois arrivée sur place. Le tribunal a toutefois relevé qu’aucun document médical n’avait été retrouvé ni dans la valise ni dans le sac à main saisis lors de son arrestation.
Anthenia Idjoma Nwokedi rejette toute implication
Appelée à la barre, Anthenia Idjoma Nwokedi a, elle aussi, nié toute implication dans cette affaire.
« Je ne sais rien de cette histoire de drogue. Je suis une femme d’affaires et je possède deux boutiques à Madina. Un jour, M. Sunday m’a appelée pour que j’aide Mme Fatoumata Binta à récupérer cette valise. À l’intérieur, il n’y avait qu’une seule paire de chaussures », a-t-elle déclaré.
Elle a également affirmé que M. Sunday lui avait remis 700 euros destinés à Fatoumata Binta Diallo et qu’elle lui avait effectivement transmis cette somme lors de la remise de la valise.
« Je n’ai personnellement reçu aucun argent de sa part », a-t-elle assuré.
Anthenia Idjoma Nwokedi a par ailleurs nié avoir demandé à Fatoumata Binta Diallo de voyager sans bagage personnel. Elle a également rejeté l’existence de liens particuliers avec M. Sunday, affirmant l’avoir simplement rencontré en Guinée.
Au cours de leur confrontation devant le tribunal, les deux prévenues ont livré des versions différentes sur l’origine de leur mise en relation.
Fatoumata Binta Diallo a déclaré avoir obtenu le numéro de téléphone d’Anthenia Idjoma Nwokedi par l’intermédiaire d’une amie aujourd’hui décédée.
De son côté, Anthenia Idjoma Nwokedi a soutenu que c’est M. Sunday qui lui avait communiqué les coordonnées de Fatoumata Binta Diallo.
À l’issue des débats, le président du tribunal a prononcé la clôture des débats. L’affaire a été renvoyée au 2 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense.

