Détenu depuis deux semaines à la maison d’arrêt de Niamey, l’avocat Abdourahamane Lirwana a comparu mardi 6 octobre 2026 devant le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey. Il est poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », en vertu de la loi nigérienne sur la cybercriminalité.
Selon RFI, les poursuites font suite à des publications attribuées à l’avocat sur les réseaux sociaux, notamment un message faisant état de divisions au sein de l’armée nigérienne.
Assisté de plusieurs confrères, Me Abdourahamane Lirwana a été conduit devant le tribunal pour la deuxième fois, deux semaines après son placement sous mandat de dépôt.
Avant l’ouverture des débats, la défense a contesté les conditions dans lesquelles le procès devait se tenir, estimant que les garanties d’un procès équitable n’étaient pas réunies.
La veille de l’audience, elle avait saisi la Cour d’État pour demander le transfert du dossier. La requête a été rejetée, permettant au tribunal de poursuivre les débats.
Estimant que les droits de leur client n’étaient pas suffisamment garantis, les avocats de Me Lirwana ont décidé de ne pas plaider. Ils ont également conseillé à leur client de garder le silence.
À l’issue des débats, le parquet a requis cinq ans de prison ferme contre l’avocat, assortis d’une amende de cinq millions de francs CFA.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 13 octobre prochain.

