Niger : le journaliste Moussa Kaka est vivant, confirme le ministre de la Justice

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Disparu depuis le 31 août, le journaliste nigérien Moussa Kaka est vivant et se trouve en détention, ont finalement confirmé les autorités. Le ministre de la Justice et des Droits humains, Alio Daouda, l’a annoncé ce mardi 6 octobre, mettant fin à plusieurs semaines d’incertitude autour du sort de l’ancien correspondant de RFI et directeur de la Radio Télévision Saraounia.

« Moussa Kaka est en vie », a déclaré le ministre à Reporters sans frontières (RSF). Cette confirmation intervient quelques jours après une première déclaration d’Alio Daouda, le 25 septembre, lors de l’Examen périodique universel du Niger devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève.

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Ce jour-là, interrogé par un représentant de l’ONG Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) sur les circonstances de l’interpellation du journaliste, le ministre avait affirmé que Moussa Kaka aurait « commis une infraction ». Il avait également indiqué que le journaliste était détenu et devait répondre de ces accusations devant la justice nigérienne.

Depuis, les autorités sont restées avares de détails. Aucun élément précis n’a notamment été communiqué sur le lieu de détention de Moussa Kaka, sur les faits qui lui sont reprochés ou encore sur le fondement juridique de son maintien en détention.
Pour Reporters sans frontières, cette confirmation ne dissipe donc pas les inquiétudes. L’organisation estime au contraire que les autorités nigériennes reconnaissent désormais leur implication dans le sort du journaliste, dont les proches étaient sans nouvelles depuis plus d’un mois.
RSF continue ainsi de considérer Moussa Kaka comme victime d’une disparition forcée et demande sa libération immédiate.

« L’arrestation par des agents de l’État suivie de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve constitue bel et bien une disparition forcée au sens de l’article 2 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, que le Niger a ratifié », rappelle Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.

Pour le responsable de l’organisation, cette situation engage directement la responsabilité des autorités nigériennes.
La dernière trace connue de Moussa Kaka remonte au 31 août. Ce jour-là, il avait quitté son bureau, dans le quartier de Kalley Est, à Niamey, pour rentrer chez lui, à Lossogoungou.

Il n’y est jamais arrivé. Son véhicule personnel n’a pas non plus été retrouvé.
Plus d’un mois après sa disparition, la déclaration du ministre de la Justice constitue ainsi la première confirmation officielle que Moussa Kaka est vivant et détenu par les autorités nigériennes. Elle ne permet toutefois pas de lever les principales zones d’ombre qui entourent son dossier : où est-il détenu ? Dans quelles conditions ? Et sur quelles bases légales ?

Autant de questions auxquelles les autorités n’ont, pour l’heure, pas apporté de réponse.
RSF maintient de son côté sa demande de libération du journaliste.