Libéré vendredi 2 octobre à la faveur d’une grâce présidentielle, alors qu’il lui restait deux mois à purger sur sa peine de deux ans de prison pour « offense au chef de l’État », Aliou Bah a reçu les réactions de satisfaction de ses proches et de ses compagnons de lutte. Parmi eux, Dr Faya Millimouno. Dans un entretien accordé à Guinee360.com, le président d’honneur du Bloc Libéral salue une décision qui, selon lui, va dans le sens de l’apaisement, tout en appelant à des mesures plus importantes pour favoriser la décrispation du climat sociopolitique guinéen.
Guinee360.com : Comment avez-vous accueilli l’acte de grâce accordé à Aliou Bah ?
Dr Faya Millimouno : Tous ceux qui connaissent le sens de la liberté, et à chaque fois que la liberté a été arrachée à quelqu’un, quand il retrouve la liberté, ça fait chaud au cœur, ça fait plaisir.
Depuis le moment où il a été arrêté, jusqu’à ce dénouement, parce qu’il faut le préciser, il était à deux mois de recouvrer la liberté au regard de la condamnation dont il a fait l’objet. Depuis ce moment-là, les doutes persistaient quant à sa culpabilité. Donc le voir libre aujourd’hui, on ne peut que se réjouir. Parce que mieux vaut être libre que d’être dans un système carcéral, surtout dans un pays comme la Guinée.
Je suis personnellement content de cela, et pour lui, en tant que jeune frère, ancien collaborateur, mais aussi pour tous ceux qui ont bénéficié de la grâce présidentielle à l’occasion de la Fête nationale d’hier.
Selon vous, cet acte du chef de l’État constitue-t-il déjà un premier pas allant dans le sens de l’apaisement ?
Quelle que soit la modestie du geste, ça va dans le sens de l’apaisement, mais il faut des actes encore plus importants. Parce que les 5 années de gestion du CNRD ont créé assez de plaies en Guinée, qu’il faille cicatriser et permettre le pays d’avancer dans l’harmonie, dans la paix. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire.
Ces gestes ne sont-ils pas également liés aux conditions pénibles de détention, notamment au manque de places en milieu carcéral ?
Je ne vais pas chercher personnellement à faire du vaudou en me posant des questions quant à la raison réelle qui a poussé à cette grâce. Je veux simplement dire que la gestion d’un certain nombre de choses dans notre pays laisse encore à désirer.
C’est vrai que les décisions de démolition de la maison centrale, le déplacement des détenus sans tenir compte de leurs droits, tout ça a été des choses qu’il faut travailler à soigner quand même l’image. Nous ne sommes pas sur une autre planète. Nous sommes sur la planète Terre. Et sur la planète Terre, il y a aujourd’hui des normes qu’il faille respecter. On n’est pas un pays de non-droit. Nous n’accepterons jamais que la Guinée devienne un pays de non-droit malgré tous les abus que nous déplorons aujourd’hui.

