Concours de recrutement à la Fonction publique : “Les 4 500 enseignants contractuels ne sont pas concernés”, selon Diaka Sow

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À quelques jours de la rentrée scolaire, le sort de milliers d’enseignants contractuels reste au cœur des préoccupations. Alors que le gouvernement annonce l’ouverture d’un nouveau concours de recrutement à la Fonction publique, une question brûle les lèvres : qu’adviendra-t-il des 4 500 contractuels non retenus lors du précédent processus ? Pour Diaka Sow, porte-parole des enseignants contractuels, leur situation est déjà encadrée par le protocole d’accord du 3 janvier 2026 et ne relève donc pas de ce nouveau concours. Il réclame désormais l’accélération de leur intégration avant la reprise des cours, fixée au 5 octobre.

Guinée360 : Le ministre de la Fonction publique a annoncé que le concours est ouvert à tout le monde, y compris aux enseignants contractuels. Quelle lecture faites-vous de cette annonce ?

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Diaka Sow : Il a plutôt apporté des précisions et des clarifications conformes au protocole d’accord du 3 janvier 2026 entre l’intersyndicale et le gouvernement, sous la médiation du CNS. Dans ses déclarations, il a notifié que le dialogue est enclenché entre les partenaires sociaux. Cela veut dire qu’à l’issue des différents échanges, les parties ont déjà convenu de l’engagement des enseignants contractuels. Le protocole stipule notre intégration sur la base des listes établies par la commission mise en place par le gouvernement.

Hier, nous sommes sortis très heureux et très satisfaits des résultats de ces différents échanges. Aujourd’hui, entendre le ministre dire que le concours est lancé et qu’il concerne les communaux nécessite justement de faire la distinction entre les différentes catégories.

Donc, nous avons déjà franchi toutes les étapes. Il y a eu l’identification, la biométrie et l’évaluation de la pratique de classe. Notre situation a été prise en compte dans le protocole d’accord et une commission a été mise en place pour faire remonter les résultats. La communication du ministre a clairement rappelé le respect du protocole et des engagements pris. Il a notamment indiqué qu’il devait être procédé à l’engagement des enseignants contractuels retenus à l’issue de l’évaluation de la pratique de classe de 2024, conformément au protocole.

Peut-on donc dire que les 4 500 enseignants sont exclus du concours ?

Pour l’instant, les 4 500 ne sont pas concernés. Mais nous ne voulons pas aller trop vite dans nos affirmations. Ce que nous retenons, c’est que notre situation est déjà inscrite dans le protocole et que le processus est enclenché. Ceux qui n’ont pas franchi les différentes étapes, depuis l’identification jusqu’à la biométrie et la pratique de classe, sont ceux qui peuvent se retrouver dans le processus du concours. Ceux qui sont déjà concernés par le processus d’intégration prévu, eux, ne sont pas dans la même situation.

Vous avez évoqué une rencontre avec
plusieurs représentants du gouvernement. Qu’est-ce qui est ressorti de ces échanges?

Les clarifications ont été apportées lors de la rencontre. Il y avait le Conseil national du dialogue social (CNDS) dont son président, des représentants de la Primature, de la Fonction publique, du ministère de l’Éducation ainsi que les organisations syndicales. Toutes les entités étaient représentées. Nous estimons donc qu’il s’agit de précisions et éclaircissements apportés entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Le ministre a voulu faire comprendre à l’opinion nationale et internationale la situation qui prévaut autour de ce dossier.

Le ministre a aussi parlé des enseignants communautaires. Sont-ils dans la même situation que les contractuels de 2024 ?

Non, ce sont deux choses différentes. Nous avons accompagné toutes les catégories de contractuels de la République et nous sommes aujourd’hui dans la phase finale. Mais il y a présentement des enseignants communautaires qui sont à l’intérieur. Eux, ils n’ont pas de contrat et n’ont pas été recrutés officiellement par l’État. C’est cela la réalité. Ils servent les communautés pour combler le vide et répondre aux besoins en enseignants. Ils sont rémunérés par les communautés villageoises au niveau des districts.

Qui sont alors les autres personnes que le ministre semble viser à travers ce concours?

Il y a les contractuels communaux non retenus à l’issue du concours de 2024. Nous étions environ 14 500, dont 10 000 retenus et 4 500 non retenus. À côté de cette catégorie, il y a d’autres enseignants communautaires, des vacataires et des volontaires. Eux n’ont pas de contrat avec l’État et servent les communautés. C’est de cette catégorie que le ministre a parlé. Ces personnes peuvent se présenter au concours, à condition notamment de disposer des documents demandés. L’attestation ou la preuve de service fait partie des pièces indiquées dans les documents à fournir pour postuler sur la plateforme qui a été lancée par la Fonction publique.

Quelle est maintenant votre attente par rapport au calendrier de la rentrée ?

Nous sommes déjà en contact permanent avec les autorités. Elles sont en train de nous rassurer pour qu’il y ait gain de cause avant l’ouverture des classes. Nous souhaitons que le processus qui est enclenché soit accéléré avant l’ouverture et que toutes les personnes qui se retrouveront sur la liste puissent reprendre le chemin de l’école le 5 octobre pour servir les filles et fils de la Guinée dans la dignité, avec leur fierté et leur engagement. Nous espérons également qu’elles pourront obtenir leurs premiers salaires rapidement.

Quel message adressez-vous finalement aux enseignants contractuels ?

Nous demandons simplement que le processus qui a été enclenché soit accéléré et que les engagements pris soient respectés. Nous restons en contact avec les autorités et nous espérons que toutes les personnes qui seront retenues pourront reprendre le chemin de l’école le 5 octobre et commencer à servir dans de bonnes conditions.