La participation de Mamadi Doumbouya à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a été marquée par une mobilisation des Forces vives de Guinée à New York. Des manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir en place, au moment où le chef de l’État défendait, à la tribune de l’ONU, la souveraineté de la Guinée, le développement économique et la valorisation de ses ressources naturelles.
Cette mobilisation a suscité des réactions au sein de l’opposition guinéenne, notamment au Bloc Libéral. Son président, Oumar Sanoh, estime que les divergences politiques internes ne devraient pas prendre le dessus lorsque le chef de l’État représente la Guinée à l’étranger. « Je crois que ce n’est pas une bonne image de la République quelque soit nos différends dans le pays. Le président représente le pays et les gens doivent savoir faire la différence entre la personne du président de la République et l’institution qu’il représente. C’est vrai que la démocratie a pour principe le pluralisme politique», a-t-il déploré.
Le président du Bloc Libéral ne remet toutefois pas en cause le droit de manifester. Il appelle cependant les acteurs politiques à respecter les règles et les lois en vigueur. « Si nos amis ont estimé que le moment était d’aller manifester, bien sûr, il n’est pas interdit de manifester, mais le faire dans les règles de l’art et tout en respectant la loi. Je crois qu’encore une fois, ça doit interpeller les autorités de Conakry à privilégier le dialogue, à consolider les institutions et les pouvoirs publics…»
Le discours de Doumbouya à l’ONU
Concernant le discours prononcé par Mamadi Doumbouya à l’ONU, Oumar Sanoh relève plusieurs points qui ont retenu son attention. Il cite notamment la souveraineté nationale, le développement économique et la valorisation des ressources naturelles.
« La première leçon que nous avons tirée, c’est l’accent particulièrement sur la souveraineté nationale de notre pays, le développement économique et la valorisation des ressources naturelles. Ça, ce sont des points essentiels sur lesquels nous attirons beaucoup notre attention », a-t-il souligné.
Pour le responsable politique, ces annonces doivent toutefois être accompagnées d’actions concrètes. Il évoque notamment la question du processus électoral et celle de la légitimité des institutions. « Il y a des problèmes auxquels les autorités actuelles doivent faire face, à savoir le système électoral de notre pays. On peut dire au moins que nous avons eu la capacité de financer toutes les élections dans notre pays, mais alors, ça a été quoi, ces élections ? Est-ce que ce sont des élections qui ont été consensuelles, qui ont été transparentes et qui ont été acceptées de tous ? C’est là que nous voulons débattre. »
Sur l’idée d’une gouvernance adaptée aux réalités africaines, Oumar Sanoh se montre nuancé. Selon lui, l’adaptation du modèle démocratique aux réalités nationales ne doit pas remettre en cause ses principes fondamentaux.
« La démocratie, pour nous, c’est une valeur universelle, mais chacun doit l’adapter en fonction de ses valeurs, en fonction de son histoire, en fonction de ses réalités », dit-il.
Au-delà des débats institutionnels, le président du Bloc Libéral estime que les autorités doivent surtout répondre aux préoccupations concrètes des populations. « Il faut que nos gouvernants comprennent qu’il faut aller vers l’essentiel, vers nos besoins : la justice, la sécurité, l’électricité, l’eau potable. »
En conclusion, Oumar Sanoh estime que l’enjeu principal réside désormais dans la traduction des engagements annoncés à l’étranger en actions concrètes sur le terrain. « Tout ce qui a été dit dans le discours là-bas, il faut que ça soit concrétisé, concrétisé en réalité. »

