Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a autorisé l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, à quitter la Guinée pour des soins médicaux à l’étranger.
Dans une décision datée de ce jeudi 10 septembre 2026 et adressée au commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré ainsi qu’au directeur central de la Police aux frontières, le procureur spécial requiert la mise en œuvre de cette autorisation afin de permettre aux deux anciens hauts responsables de se rendre à l’étranger pour des raisons de santé.
Pour justifier cette mesure, le parquet relève notamment que les intéressés présentent des garanties de représentation suffisantes.
Concernant Amadou Damaro Camara, il estime notamment qu’il « reste et demeure fondé dans sa demande d’intervention visant sa sortie du territoire national pour raison de santé » et qu’il y a lieu d’y faire droit « dans l’intérêt du respect de ses droits fondamentaux ».
Le procureur précise toutefois que cette autorisation ne remet pas en cause la procédure judiciaire en cours. La levée de l’interdiction de sortie du territoire, indique-t-il, « ne préjudicie en rien à la continuation de l’exercice des droits du parquet et de la défense » devant les juridictions supérieures.
Des poursuites engagées depuis 2022
Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara sont poursuivis devant la CRIEF pour des faits présumés d’infractions économiques et financières.
L’ancien Premier ministre a été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry le 6 avril 2022. Il est notamment poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Il a été condamné en première instance, en février 2025, à cinq ans de prison ferme pour ces faits.
Amadou Damaro Camara a, pour sa part, été placé en détention à la Maison centrale en avril 2022. L’ancien président de l’Assemblée nationale est poursuivi notamment pour corruption, détournement de deniers publics et enrichissement illicite.
L’autorisation accordée par le parquet permet ainsi aux deux anciens responsables de quitter le territoire national pour recevoir des soins médicaux à l’étranger, sans mettre fin aux procédures judiciaires engagées contre eux.

