La Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA) a présenté, mercredi 10 septembre 2026, son bilan des opérations militaires conduites au cours du mois d’août. Selon le Colonel-Major Bakary Bocar Maïga, les Forces armées maliennes (FAMa) ont maintenu une pression soutenue sur les groupes armés terroristes sur les trois théâtres de l’opération Dugu Koloko.
La situation sécuritaire reste « exigeante », mais l’armée malienne estime que les groupes armés terroristes disposent désormais de marges de manœuvre plus réduites. C’est l’un des principaux enseignements tirés par la DIRPA du bilan opérationnel du mois d’août.
Lors d’un point de presse consacré à l’évolution de la situation sécuritaire, le directeur de la DIRPA, le Colonel-Major Bakary Bocar Maïga, a indiqué que les FAMa avaient poursuivi une stratégie fondée sur le renseignement, la surveillance, les reconnaissances terrestres et aériennes ainsi que des frappes ciblées.
L’objectif affiché est de réduire les capacités opérationnelles des groupes armés avant qu’elles ne se transforment en menaces directes contre les forces et les populations.
Selon la DIRPA, la pression exercée par les FAMa et leurs partenaires d’Africa Corps aurait contraint les groupes armés terroristes à modifier leurs modes opératoires.
L’armée affirme que ces groupes évitent davantage les affrontements directs et privilégient désormais la dispersion, le camouflage et l’utilisation de zones boisées ou difficiles d’accès, particulièrement pendant la saison des pluies.
Les engins explosifs improvisés (EEI), les drones kamikazes, les largages de charges et les opérations de harcèlement figureraient parmi les moyens privilégiés par les groupes armés.
Cette évolution serait particulièrement perceptible au Centre, où l’activité terroriste aurait augmenté au cours de la seconde moitié du mois d’août, notamment dans le secteur de Djoura.
À l’Est, couvrant notamment Gao, Ménaka et Kidal, la DIRPA estime que les activités des groupes armés sont restées « contraintes », même si des mouvements continuent d’être détectés.
Dans le Centre, notamment autour de San, Bandiagara, Douentza, Boni, Sofara et dans la zone du Macina, les FAMa ont intensifié les opérations de reconnaissance et de recherche.
Au Sud, la menace est décrite comme plus diffuse et opportuniste, avec une exploitation des couverts végétaux et des zones difficiles d’accès.
Le bilan présenté par la DIRPA fait état d’une importante activité de l’Armée de l’Air au cours du mois d’août.
Du 1er au 31 août, les aéronefs maliens auraient effectué 740 sorties, représentant 2 293 heures et 30 minutes de vol.
Selon les chiffres communiqués :
321 sorties ont été consacrées au renseignement, à la surveillance, à la reconnaissance offensive et à la couverture ;
339 missions ont concerné le transport et le convoyage ;
6 évacuations sanitaires ont permis de prendre en charge 26 blessés ;
214 frappes ont été réalisées, soit une moyenne annoncée d’environ 7 frappes par jour.
La DIRPA affirme par ailleurs que les opérations ont permis de détruire 50 bases utilisées par les groupes armés terroristes, 564 motocyclettes, 129 véhicules pick-up, dont neuf équipés, ainsi que cinq maisonnettes, une mine d’or artisanale et 230 barriques de carburant.
Concernant le bilan humain, le Colonel-Major Maïga a évoqué un ordre de grandeur d’environ 1 000 éléments terroristes « neutralisés », tout en soulignant que l’évaluation humaine ne présente pas toujours le même niveau de précision que les destructions matérielles.
La DIRPA assure que les opérations aériennes font l’objet d’une documentation comprenant notamment des données de géolocalisation.
Le mois d’août a toutefois été marqué par des attaques démontrant, selon l’armée, que les groupes armés conservent une capacité de nuisance.
La DIRPA a notamment cité l’attaque contre le camp du 23e Régiment d’Infanterie Motorisée de Bamba, dans le secteur de San, survenue au début du mois.
Au moment du point de presse, le Colonel-Major Maïga a également annoncé une attaque signalée le matin même dans le secteur de Djoura, qualifiée d’« attaque complexe ».
Une réaction aérienne et terrestre était alors engagée et, selon le responsable militaire, les objectifs ennemis avaient déjà été détruits.
Prudent sur les circonstances et le bilan humain, le directeur de la DIRPA a indiqué que l’armée communiquerait ultérieurement, par les canaux officiels, une fois les informations vérifiées.
Au-delà des opérations de combat, la DIRPA a insisté sur les missions destinées à maintenir la circulation des personnes et des marchandises et à protéger les activités économiques.
Au cours du mois d’août, les forces armées auraient notamment escorté 3 681 citernes de produits pétroliers, comprenant différents types de carburants ainsi que du gaz butane.
La sécurisation des foires, des travaux champêtres, des axes routiers et des convois de ravitaillement s’est également poursuivie.
L’armée met aussi en avant les missions du génie militaire. Entre le 26 juillet et le 8 septembre 2026, son dispositif à Bafoulabé aurait permis à 2 476 engins roulants de franchir le fleuve grâce au bac militaire.
À Mopti et Tombouctou, les FAMa indiquent avoir poursuivi les opérations de ravitaillement en eau potable. Les structures de santé des armées ont également continué à prendre en charge des patients civils.
De son côté, l’Armée de l’Air aurait convoyé 3 312 passagers et plus de 126 tonnes de fret au cours de la période présentée. La DIRPA affirme en outre que 124 vols humanitaires ont été autorisés durant le mois.
Pour la DIRPA, l’un des faits les plus importants du mois d’août reste le retour de plusieurs dizaines de militaires maliens qui étaient détenus par des groupes armés.
Le Colonel-Major Bakary Bocar Maïga a attribué ce retour aux efforts des plus hautes autorités et des services spécialisés, tout en assurant que les démarches se poursuivent pour permettre le retour des militaires encore détenus.
« Aucun militaire malien ne sera abandonné », a-t-il déclaré en substance, en renouvelant l’engagement de l’état-major en faveur des militaires retenus.
Parallèlement aux opérations, le recrutement et la formation se poursuivent au sein des différentes composantes des Forces armées maliennes.
La DIRPA cite notamment l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Garde nationale, la Gendarmerie, le Génie militaire, les services de santé, les transmissions et télécommunications ainsi que le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR).
Pour l’état-major, cette montée en puissance doit permettre de répondre simultanément aux exigences des opérations actuelles et à la préparation des capacités futures.
Au terme de son exposé, le directeur de la DIRPA a résumé la stratégie militaire autour d’un principe : maintenir la pression sur les groupes armés, réduire leurs capacités de regroupement, de mobilité et de ravitaillement, tout en préservant la liberté d’action des FAMa.
La DIRPA reconnaît cependant que la menace demeure adaptable et que des attaques ponctuelles, parfois à fort retentissement, restent possibles.
Dans le domaine informationnel, l’armée affirme également vouloir répondre à la désinformation par une communication « prompte, rigoureuse et vérifiée », compatible avec les impératifs de sécurité opérationnelle.
Selon la lecture livrée par la DIRPA, le mois d’août aura donc été marqué par une intensification des opérations offensives, une adaptation des groupes armés à la pression militaire et un effort parallèle des FAMa pour sécuriser les axes, les approvisionnements et les activités essentielles à la vie du pays.
Le Colonel-Major Bakary Bocar Maïga a enfin relayé l’appel des autorités maliennes aux combattants qui accepteraient de renoncer à la violence, de déposer les armes et de rejoindre la République.

