« On n’a pas où envoyer les déchets » : Sékou Keïta alerte sur une crise imminente à Conakry

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La fermeture de la décharge de Dar-es-Salam continue de produire ses effets sur la gestion des déchets à Conakry. Plusieurs semaines après l’éboulement meurtrier survenu le 23 août dernier, les acteurs de l’assainissement font état de difficultés croissantes, notamment en matière de collecte, de transfert et d’évacuation des ordures vers le nouveau site de Baritodé.

Président de la Coordination nationale des acteurs d’assainissement de Guinée (CONAAG), Sékou Keïta tire la sonnette d’alarme et redoute une aggravation de la situation dans les prochains jours.

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Interrogé par Guinée360 ce lundi 7 septembre 2026, le responsable est revenu sur les conséquences de la fermeture de Dar-es-Salam. Selon lui, les perturbations touchent désormais plusieurs maillons de la chaîne de gestion des déchets, de la pré-collecte au transfert. « Avec cette crise, les PME sont désemparées. Aujourd’hui, nous sommes en train d’arrêter progressivement le travail. Progressivement, de quartier en quartier, les PME sont en train d’arrêter parce qu’elles n’ont pas où envoyer les déchets », a-t-il alerté.

Pour Sékou Keïta, la principale difficulté réside dans le transfert des déchets. L’orientation vers le site de Baritodé, situé à près de 80 kilomètres de Conakry, poserait d’importantes contraintes logistiques aux petites et moyennes entreprises chargées de la pré-collecte.

Le président de la CONAAG déplore notamment l’insuffisance des moyens et des infrastructures nécessaires pour assurer efficacement l’acheminement des déchets vers ce nouveau site. Une situation qui, selon lui, risque de compromettre progressivement le fonctionnement du système d’assainissement dans la capitale.

Au-delà des contraintes logistiques, Sékou Keïta met également en cause l’organisation institutionnelle du secteur. Il estime que la multiplicité des structures impliquées dans l’assainissement complique la mise en place d’une stratégie cohérente et efficace.

Le responsable rappelle que, si le Code des collectivités attribue l’assainissement aux communes, le ministère en charge du secteur doit, selon lui, jouer un rôle central dans la définition et la mise en œuvre des politiques nationales. « Depuis la création du ministère, je pense que ce ministère n’a pris aucune décision majeure pour éradiquer les déchets de la ville de Conakry », a-t-il déploré.

Sékou Keïta porte également un regard critique sur l’approche du ministre de l’Assainissement, Aboubacar Camara, notamment sur les opérations de terrain auxquelles ce dernier prend part. « Non seulement ils n’ont pas accompagné le système qu’ils ont trouvé en place, mais moi personnellement, je ne vois pas le ministère sur un chemin qui pourra conduire à une vraie lutte contre l’insalubrité pour la ville de Conakry », a-t-il estimé.

Face à cette situation, le président de la CONAAG appelle à des mesures urgentes. Parmi ses propositions figure la mise en place d’un dispositif structuré de transfert des déchets, reposant sur des équipements adaptés et l’intervention d’entreprises spécialisées.

Pour Sékou Keïta, l’enjeu est désormais d’éviter que les difficultés actuelles ne se transforment en une véritable crise des déchets dans la capitale.

Dans une interview à paraître prochainement sur Guinée360, il revient notamment sur les alertes lancées avant le drame de Dar-es-Salam, les défaillances qu’il identifie dans le système d’assainissement et les mesures qu’il préconise pour faire face à l’urgence.