À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 5 octobre par le gouvernement, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) se dit favorable à cette échéance, tout en alertant sur les conditions nécessaires à son bon déroulement. Durée jugée insuffisante de l’année scolaire, sort des enseignants contractuels et application du protocole d’accord du 3 janvier : autant de dossiers que le syndicat considère comme prioritaires. Dans cet entretien, Mohamed Bangoura, alias « Roméo », porte-parole du SLECG, détaille les exigences de son organisation, notamment l’intégration des 4 500 enseignants contractuels communaux et l’accélération du recrutement annoncé de 8 000 enseignants, qu’il présente comme des mesures indispensables pour « sauver l’année scolaire 2026-2027 ».
Guinee360 : Le gouvernement a fixé au 5 octobre la rentrée scolaire 2026 – 2027. Comment avez-vous accueilli cette décision?
Mohamed Bangoura : Il faut dire que cette décision a été prise à la suite d’une concertation entre les enseignants de Guinée et le cabinet du ministère chargé de l’Enseignement. Donc, nous accueillons cette date à bras ouverts. Mais ce qu’il faudrait souligner, c’est que, pour nous, acteurs de l’éducation, notamment au regard de la qualité de l’enseignement dans le pays, cette date ne permet pas à l’école de la République de fonctionner pendant neuf mois. Quand on sait qu’il n’y a pas beaucoup de temps disponible et que le ministère commence déjà à faire pression sur les chefs d’établissement pour la tenue des évaluations de fin d’année, notamment à cause des préparatifs des examens nationaux, vous comprendrez que le calendrier est assez contraignant. Avec ce calendrier, vous comprendrez avec moi qu’il est difficile de fonctionner correctement sur une période de sept à neuf mois.
Selon vous, toutes les conditions sont-elles réunies pour une rentrée scolaire réussie ?
Avec la menace qui pèse sur les enseignants contractuels communaux de l’intérieur et ceux de la zone spéciale de Conakry, les conditions ne sont pas totalement réunies. Nous nous réjouissons toutefois de l’annonce faite par le gouvernement, qui prévoit le recrutement de 8 000 enseignants pour le compte de l’éducation. C’est une décision que nous avons applaudie. Mais il faut rappeler que nous n’admettrons pas qu’il y ait un concours tant que les 4 500 enseignants contractuels communaux ne sont pas intégrés dans ce recrutement, d’autant que leur nombre n’atteint même pas les 8 000 postes annoncés. Donc, s’il doit y avoir un concours, il faut d’abord procéder au recrutement de ces enseignants qui, pendant plusieurs années, se sont investis pour accompagner l’école de la République.
Êtes-vous sur la même longueur d’onde avec les autres structures membres de l’intersyndicale de l’éducation dont SNE et la FSPE ?
Je ne sais pas. Pour ma part, je me fie aux informations dont je dispose. Mais, à ce que je sache, le 2 septembre 2026, à 15 heures, le cabinet du ministère a reçu l’ensemble des structures syndicales de l’éducation, notamment la FSPE, le SLECG, le SNE et les autres organisations syndicales. Donc, c’est en commun accord avec les différentes structures chargées de la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants de la République que cette date a été choisie et entérinée en Conseil des ministres.
Quelles sont vos principales attentes et revendications vis-à-vis du gouvernement à l’approche de cette rentrée ?
Notre principale attente, c’est le respect et la continuité de l’application du protocole d’accord du 3 janvier, qui a mis en place différentes commissions techniques chargées du suivi de son application. Le point nodal reste le statut particulier. Mais pour sauver l’année scolaire 2026-2027, il faudrait accélérer le recrutement des enseignants contractuels communaux de l’interieur qui sont déjà dans le fichier, puis procéder à l’intégration des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry, comme le prévoit le protocole d’accord.
Si vos revendications ne trouvent pas de réponse satisfaisante, quelles dispositions l’intersyndicale pourrait-elle prendre ?
Dans un premier temps, il faut rappeler à l’opinion nationale et internationale que le protocole d’accord est en train d’être évalué. C’est encore tôt, mais depuis sa signature, nous avons constaté que plusieurs points ont déjà été examinés. C’est une satisfaction pour l’ensemble des acteurs du système éducatif. Notre préoccupation, comme je le disais tantôt, est que, pour sauver l’année scolaire 2026-2027, il faut impérativement attribuer des numéros matricules aux enseignants contractuels communaux du Nord-Est, d’autant plus qu’ils existent déjà dans le fichier.
Il n’y a donc pas besoin d’un autre protocole. Il s’agit simplement de leur attribuer des numéros matricules et de procéder au paiement de ces enseignants contractuels communaux du Nord-Est. Cette question pourra ainsi être définitivement réglée. C’est ce qui pourrait apporter davantage de stabilité et de tranquillité dans notre système scolaire.
Quel message adressez-vous aux enseignants, au gouvernement et aux élèves à l’occasion de cette rentrée ?
Je demande à l’ensemble des enseignantes et enseignants de Guinée de rester soudés, de ne pas céder à l’intimidation ni à l’illusion. Il faut qu’ils comprennent que la rédaction et l’application des statuts particuliers ne sont pas des choses qui se font en un jour. C’est un processus qui se fait progressivement, à court, moyen et long terme. Je leur demande donc de prendre leur mal en patience et de continuer à faire confiance aux syndicats libres des enseignants et chercheurs guinéens. À mes camarades de la FSP, du SNU et aux autres organisations syndicales, je demande de rester unis et solidaires. C’est ensemble, dans la sincérité et l’unité, que nous pourrons obtenir la satisfaction de nos différentes revendications. Au gouvernement, je demande de continuer à appliquer le protocole d’accord du 3 janvier. Je voudrais le féliciter et le remercier pour les efforts déjà consentis, tout en l’encourageant à poursuivre l’application de l’ensemble des engagements pris.

