Guinée : accidents de la route et effondrements d’immeubles, une série noire qui fait au moins 40 morts en deux mois

7 min de lecture

La Guinée traverse, depuis le début de la saison des pluies, une série de drames qui endeuillent des familles à travers le pays. De juin à août 2026, plusieurs accidents de la circulation ont fait de nombreuses victimes, tandis que des effondrements d’immeubles à Conakry sont venus alourdir un bilan humain déjà préoccupant.

Sur les routes, les accidents mortels se multiplient aussi bien sur les grands axes interurbains que dans la capitale et sa périphérie. Cette succession de drames intervient malgré les mesures annoncées par les autorités pour tenter de renforcer la sécurité routière.

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Face à la recrudescence des accidents impliquant notamment les véhicules de transport de marchandises, le gouvernement et les représentants des transporteurs avaient décidé, au début du mois de juillet, de suspendre pendant trois mois la circulation nocturne des gros porteurs. L’objectif était de réduire les risques de collision sur les principaux axes routiers. Mais cette mesure n’a pas suffi à mettre fin à la série noire.

Plusieurs accidents ont particulièrement marqué l’opinion au cours des dernières semaines.

À Mamou, dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 juin 2026, une collision entre un camion-remorque et un taxi a fait 15 morts, selon les informations rapportées après le drame. L’accident a une nouvelle fois soulevé les inquiétudes liées à la cohabitation entre les gros porteurs et les autres usagers de la route.

À Labé, dans le quartier Daka 1, un camion-benne a percuté deux motos qui circulaient dans le même sens, au pied de la colline menant au carrefour Bilaly. Deux femmes qui se trouvaient sur une même moto ont perdu la vie. L’une est décédée sur place, tandis que la seconde a succombé à ses blessures à l’hôpital.

Le 26 juillet, un autre accident mortel s’est produit sur la route nationale numéro 1, dans la sous-préfecture de Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia. Un véhicule de transport en commun est entré en collision avec une moto. Une personne a perdu la vie et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.

Quatre jours plus tard, le jeudi 30 juillet, trois personnes ont péri dans un accident de la circulation à hauteur du quartier Kagbélén Plateau, sur l’axe Dubréka-Conakry, dans la commune urbaine de Kagbélén.

Le même mois, un autre drame s’est produit au kilomètre 36, au carrefour Souguéta, dans la commune de Sanoyah. Un camion transportant un conteneur a percuté une moto. Selon des témoignages recueillis après l’accident, le deux-roues s’est retrouvé coincé sous les roues avant du poids lourd. Le conducteur de la moto et son passager sont morts sur place.

Le mois d’août n’a pas davantage marqué de pause dans cette succession de drames. Le 4 août 2026, un accident survenu sur l’axe Kindia-Conakry a fait sept morts. Ce nouveau bilan intervient alors que les autorités avaient déjà renforcé les mesures visant à limiter la circulation nocturne des gros porteurs.
À Simanbossia, dans la commune de Lambanyi, un accident impliquant un pick-up de la police a coûté la vie à deux motocyclistes, le 6 août. Le drame illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des usagers des deux-roues, particulièrement exposés sur les routes guinéennes.

Le dimanche 9 août, un autre accident survenu à Thianguel Bori, dans la préfecture de Lélouma, a fait deux morts et plusieurs blessés.

Des effondrements d’immeubles qui alourdissent le bilan

À cette succession d’accidents de la circulation s’ajoutent plusieurs effondrements d’immeubles qui ont également endeuillé des familles à Conakry.

Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet, un immeuble s’est effondré dans le quartier Démoudoula, dans la commune de Ratoma. Le drame a fait 9 victimes.

Moins d’un mois plus tard, dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août, un autre immeuble s’est effondré au quartier Hafia 1, dans la commune de Dixinn. Le bilan fait état de cinq morts.

Ces deux catastrophes relancent le débat sur la sécurité des constructions dans la capitale. Elles soulèvent notamment des interrogations sur le respect des normes de construction, le contrôle des chantiers, la délivrance des autorisations et la responsabilité des différents acteurs intervenant dans le secteur du bâtiment.

De juin à août, la succession de ces drames pose une question centrale : les mesures actuellement mises en œuvre sont-elles à la hauteur des risques auxquels les populations sont exposées ?

La suspension temporaire de la circulation nocturne des gros porteurs constitue une mesure de prévention. Mais les accidents impliquent également des taxis, des véhicules de transport en commun, des motos et, dans certains cas, des véhicules appartenant aux services publics.

La lutte contre l’insécurité routière ne peut donc pas reposer sur une seule mesure. Elle nécessite une stratégie plus globale, fondée notamment sur le contrôle technique rigoureux des véhicules, le respect du Code de la route, la lutte contre les excès de vitesse, la formation et la sensibilisation des conducteurs, la surveillance des axes accidentogènes ainsi que l’amélioration des infrastructures routières.

Le même impératif vaut pour le secteur de la construction. Le renforcement des contrôles, le respect des normes techniques et l’application effective des sanctions doivent permettre de prévenir de nouveaux drames.

Derrière les chiffres, ce sont des dizaines de familles qui ont perdu un proche en quelques semaines. La succession de ces accidents et effondrements constitue ainsi un sérieux signal d’alerte sur la sécurité des populations en Guinée.