La guerre en Ukraine commence à peser directement sur l’approvisionnement énergétique intérieur russe. Après les attaques de drones contre plusieurs raffineries, Moscou cherche de nouveaux fournisseurs et se tourne, pour la première fois, vers le Maroc.
Les conséquences de la guerre russo-ukrainienne se font désormais sentir jusque dans les stations-service russes. Les attaques de drones ukrainiens contre des raffineries et des infrastructures pétrolières ont perturbé la production de carburants et accentué les tensions sur le marché intérieur.
Face au risque de pénuries, Moscou a multiplié les mesures pour sécuriser son approvisionnement. La Russie importe notamment du carburant par voie ferroviaire depuis la Biélorussie et le Kazakhstan, mais également par voie maritime depuis l’Inde.
Dans ce contexte, la Russie a reçu en juillet 2026 sa toute première cargaison de carburant en provenance du Maroc. À la mi-juillet, un navire battant pavillon panaméen a chargé environ 30 000 tonnes d’essence de type Al-92 au port de Tanger, avant de mettre le cap sur Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie.
Selon Reuters, la compagnie pétrolière russe Lukoil aurait été impliquée dans cette opération.
Cette livraison constitue un signal supplémentaire des difficultés auxquelles est confronté le secteur énergétique russe depuis l’intensification des frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières.
L’arrivée du Maroc parmi les fournisseurs de carburant de la Russie illustre surtout la volonté de Moscou de diversifier ses sources d’approvisionnement. Sous sanctions occidentales depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, la Russie cherche à maintenir son marché intérieur malgré les perturbations de sa production et de ses infrastructures.
Le recours à des fournisseurs étrangers apparaît ainsi comme l’une des conséquences inattendues de la guerre : un pays pourtant parmi les grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures doit désormais importer davantage de carburant pour répondre à ses besoins intérieurs.
Au-delà de l’aspect commercial, ces importations témoignent de l’évolution du conflit. Les infrastructures énergétiques sont devenues un véritable front de la guerre, chaque camp cherchant à affaiblir les capacités énergétiques de l’autre.
Pour Moscou, l’enjeu est désormais double : préserver ses exportations d’énergie, essentielles à ses revenus, tout en garantissant suffisamment de carburant pour son marché intérieur. La multiplication des importations pourrait ainsi devenir l’un des indicateurs les plus visibles de l’impact économique des frappes ukrainiennes sur la Russie.

