Alors que les 4 500 enseignants contractuels communaux non retenus dans le processus d’intégration à la Fonction publique attendent toujours la correction des anomalies signalées sur les listes, les syndicats de l’éducation tentent de rassurer. Réunis ce samedi 1er août 2026 à la Bourse du Travail à Conakry, la FSPE, le SLECG et le SNE ont affirmé leur engagement à défendre chaque dossier et assuré qu’« aucun ne sera oublié ».
Venus de plusieurs préfectures du pays, ces enseignants réclament la finalisation du processus d’intégration sans exclusion ni omission, ainsi que la signature de leurs arrêtés d’engagement. Face à leurs inquiétudes, les responsables syndicaux évoquent une avancée dans le traitement des dossiers et promettent une issue équitable pour tous les concernés.
Prenant la parole, le secrétaire général adjoint de la FSPE, Alpha Gassimou Barry, a rappelé les difficultés traversées par les enseignants contractuels tout en affichant son optimisme quant à l’issue des discussions en cours.
« Bien que tout soit prioritaire, mais il reste prioritaire. Tout à l’heure, la commission qui travaille sur le dossier vous fera un plus bref rendu par rapport à l’avancée de la situation. Mais laissez-moi vous dire que déjà le bonheur est près de nous.
C’est vrai, nous avons souffert, nous continuons à souffrir, mais bientôt il y aura du bonheur. Aujourd’hui, nous vous remercions pour la grande mobilisation de toutes les préfectures de la Guinée et du Grand Conakry pour rallier la Bourse du Travail. C’est le lieu aussi de remercier le mouvement syndical guinéen, il faut se le dire, qui nous soutient à bras le corps », a-t-il déclaré.
De son côté, le responsable de la communication du SLECG, Mohamed Bangoura, a expliqué que le travail de vérification des dossiers avait nécessité davantage de temps afin d’éviter toute injustice dans le processus d’intégration.
« Contractuels communaux, je vous rassure que vous êtes déjà à la Fonction publique. Pourquoi je le dis ? Le gouvernement nous a donné deux mois renouvelables une fois pour le traitement de votre dossier. Nous nous sommes dit, c’est le terrain qui commande.
Deux mois renouvelables une fois, c’est-à-dire quatre mois. Et allez-y comparer, les jours sont payés à 350 000. Nous nous sommes dit, entre nous, ce n’est pas 350 000 par 30 mois qui va faire de nous des hommes nantis.
Derrière, il y a nos sœurs, nos frères, nos tantes, nos neveux, qui n’attendent que le compte rendu de cette commission pour avoir un espoir », a précisé le syndicaliste.
Poursuivant son intervention, il a affirmé que la commission chargée du dossier avait réalisé un important travail de vérification afin de prendre en compte les situations remontées depuis l’ensemble du territoire national.
« Nous nous sommes dit, quatre mois, c’est trop. Il faut réduire le travail à deux semaines. Si nous allons avoir de l’argent, ce n’est pas sur le dos de ces pauvres enseignants qui souffrent et qui pleurent. Nous nous sommes dit, il n’est plus question d’aller au MEPU-A ou d’appeler pour la remontée des listes. Et au moment où je vous parle, de Conakry à Genève et de Genève à Conakry, nous avons fini de traiter votre dossier. Et nous nous sommes dit, après la publication de cette liste, il ne faudrait pas entendre quelqu’un dire : “Vous m’avez oublié” », a-t-il déclaré.
Selon lui, le retard dans la publication des résultats s’explique par la volonté des syndicats de garantir un traitement équitable du dossier.
« Alors, voici ce qui explique le retard. Nous avons demandé simplement à la commission de négociation de mettre les moyens logistiques et financiers à notre disposition afin que nous puissions aller dans la dernière sous-préfecture de la Guinée pour savoir si on n’a pas oublié quelqu’un derrière nous. Et nous l’avons fait selon les recommandations du secrétaire général de l’intersyndicale, la FSPE et le SNE qui nous ont dit ceci : “Si jamais un seul enseignant reste et qu’il dise que je n’ai pas retrouvé mon dossier dans la liste, alors vous allez assumer l’entière responsabilité.”
Donc, c’est pour vous dire que personne ne sera épargné », a-t-il conclu.
Pour sa part, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), a insisté sur la solidarité de l’ensemble des organisations syndicales de l’éducation autour de la cause des enseignants contractuels communaux.
« Le message fort que nous avons à vous faire passer, c’est de vous assurer de la solidarité de l’intersyndicale. Il faut que je vous le dise.
Vos responsables sont passés dans toutes les organisations syndicales de l’éducation et nous ont dit de mettre nos égos à côté, de mettre nos carrières à côté, de voir votre intérêt en face », a-t-il déclaré.
Il a estimé que ce dossier pouvait contribuer au rapprochement entre les différentes composantes de l’intersyndicale de l’éducation.
« Si c’est à cause des enseignants contractuels communaux qui ont souffert avec nous, on va faire la paix avec l’intersyndicale de l’éducation, soyez rassurés. À cause de votre dossier, nous allons faire la paix au sein de l’intersyndicale. Et la preuve en est que vous avez déjà la présence de tous les syndicats ici. Si nous avons le même objectif que vous, pour que vous soyez engagés à la Fonction publique, il faut que nous conjuguions le même verbe. Et croyez-moi que cela sera fait », a-t-il assuré.

