À l’issue d’une tournée diplomatique en Syrie, en Jordanie et à Chypre, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé vendredi un appel solennel à la désescalade au Moyen-Orient. Lors d’un point de presse au siège de l’ONU à New York, il a rapporté un message récurrent entendu auprès des dirigeants de la région : « le Moyen-Orient – et le monde – ne peuvent pas se permettre une nouvelle guerre ».
Cette mise en garde intervient alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran connaissent une nouvelle phase d’aggravation après plusieurs mois marqués par une alternance de confrontations militaires et de tentatives de négociation.
Selon des informations rapportées par la presse, l’armée iranienne a affirmé vendredi avoir mené des attaques de drones contre des installations militaires américaines au Koweït. Cette opération aurait constitué une riposte à des frappes américaines visant récemment des sites militaires en Iran.
Ces nouveaux affrontements mettent fin à une période d’accalmie relative entre Washington et Téhéran. La reprise des hostilités a également touché plusieurs alliés des États-Unis dans la région, notamment la Jordanie et l’Arabie saoudite, qui ont signalé de nouvelles attaques aux drones et aux missiles. Pour la première fois, l’Égypte a également été visée avec une attaque contre le port méditerranéen de Damiette.
Pour António Guterres, l’impact de cette escalade dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Le chef de l’ONU a alerté sur les conséquences économiques et humanitaires d’un conflit prolongé dans une région stratégique pour le commerce mondial.
« Le commerce à travers le détroit d’Ormuz s’est effondré. Les marchés de l’énergie ont été bouleversés. Les prix des denrées alimentaires et des principaux engrais ont flambé. Les chaînes d’approvisionnement sont sous pression », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces perturbations aggravent la crise du coût de la vie dans de nombreux pays. « Partout dans le monde, des familles peinent à mettre de la nourriture sur la table, des agriculteurs ne peuvent plus se permettre d’acheter les intrants de base et des pays vulnérables sont poussés toujours plus près du précipice », a-t-il averti.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que les conséquences économiques et logistiques du conflit pourraient entraîner jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires vers une situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Le secrétaire général de l’ONU a également insisté sur l’importance de préserver la liberté de navigation dans deux passages maritimes essentiels au commerce mondial : le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb.
Ces voies stratégiques sont devenues des zones de tension majeures, alors que les attaques contre les navires marchands se sont multipliées ces derniers mois. Les perturbations dans le Golfe persique et en mer Rouge menacent directement les exportations énergétiques et les échanges commerciaux internationaux.
Les Houthis, mouvement armé yéménite soutenu par l’Iran, ont notamment annoncé des mesures visant certains navires liés à l’Arabie saoudite et revendiqué plusieurs attaques en mer Rouge. Riyad a, de son côté, annoncé la mise en place d’une coalition militaire destinée à renforcer la sécurité maritime dans la région.
António Guterres a toutefois évoqué un élément d’espoir dans un contexte marqué par l’escalade. Il a salué l’annonce du président américain Donald Trump concernant un accord prévoyant le désarmement du Hamas et un retrait des forces israéliennes de Gaza.
Face à une situation qu’il juge de plus en plus préoccupante, le secrétaire général de l’ONU a réaffirmé que seule une solution politique pouvait permettre d’éviter une aggravation de la crise.
« Les combats doivent cesser. Les droits et libertés de navigation internationales dans et autour du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb doivent être pleinement rétablis. Et la diplomatie doit l’emporter », a-t-il conclu.

