Le gouvernement sénégalais a réagi aux accusations formulées par les autorités gambiennes à l’encontre de ses militaires à la suite de l’incident survenu le 16 juillet 2026 dans la zone frontalière de Bulock. Dakar indique avoir pris acte du communiqué publié par le gouvernement gambien concernant cet épisode.
Dans son communiqué, Banjul affirme qu’une section de la clôture périmétrique d’une installation militaire des Forces armées gambiennes a été démolie sans consultation préalable des mécanismes militaires et diplomatiques bilatéraux qui encadrent de longue date la coopération entre le Sénégal et la Gambie.
Les autorités gambiennes qualifient cet acte de «profondément provocateur et totalement inacceptable», tout en réaffirmant être «pleinement engagé à résoudre la question pacifiquement par le dialogue», notamment dans le cadre du Comité militaire conjoint et des autres mécanismes bilatéraux existants.
En réponse, le Sénégal réaffirme son attachement aux «liens historiques de fraternité, de bon voisinage et de coopération stratégique» qui unissent les deux pays. Toutefois, Dakar souligne que «la zone concernée fait, depuis plusieurs années, l’objet de discussions entre les autorités compétentes des deux pays. Le Sénégal a, à plusieurs reprises, attiré l’attention de la partie gambienne, par les voies appropriées, sur des empiètements affectant son intégrité territoriale, avec des installations et activités considérées comme incompatibles avec une gestion concertée et respectueuse de la frontière commune», indique le gouvernement sénégalais.
Les autorités sénégalaises regrettent par ailleurs que, malgré des «échanges soutenus au plus haut niveau et des négociations engagées de longue date, ces discussions n’ont, à ce jour, pas permis d’aboutir à un engagement clair en vue de régler durablement les questions frontalières en suspens.»
Selon Dakar, l’incident de Bulock ne saurait être interprété comme une volonté de porter atteinte à la souveraineté de la Gambie ou aux «excellentes relations» entre les deux États. Le gouvernement sénégalais estime qu’il s’inscrit dans le contexte d’un différend frontalier qui nécessite désormais une réponse rapide et durable.
«Le Sénégal réaffirme son respect constant de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République de Gambie. Il attend, dans le même esprit, que sa propre souveraineté et son intégrité territoriale soient pleinement respectées», précise Dakar. Le gouvernement assure également rester disposé à poursuivre le travail avec les autorités gambiennes afin de convenir rapidement de mesures appropriées pour corriger les anomalies constatées dans la mise en œuvre des engagements communs relatifs à la gestion de la frontière.
Face à cette situation, le gouvernement sénégalais appelle à éviter toute déclaration «susceptible d’alimenter les tensions et à laisser les mécanismes diplomatiques et militaires compétents poursuivre leurs travaux dans un esprit de responsabilité, de sérénité et de respect mutuel.»

