« Je ne me sens plus en sécurité » alerte l’épouse de Habib Marouane

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Trois semaines après l’attribution du Prix Mohamed Maïga du journalisme d’investigation africain au journaliste guinéen Habib Marouane Camara, administrateur général du site d’information Lerevelateur224, le 1er juin dernier, par Reporters sans frontières (RSF), lors de la cérémonie de la 34ᵉ édition, son épouse, Mariama Lamarana Diallo, a procédé à la présentation du prix au cours d’une conférence de presse animée ce samedi 20 juin 2026.

Face à la presse, l’épouse du journaliste, porté disparu depuis un an et six mois, est revenue sur plusieurs événements qu’elle juge préoccupants pour sa sécurité.

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Répondant à l’une des questions des journalistes, elle a d’abord évoqué des appels téléphoniques inhabituels reçus récemment, parfois à partir de numéros masqués. « Depuis sa disparition, je n’avais jamais reçu d’appels en pleine nuit. Cela m’a semblé étrange. Par exemple, une personne m’appelle et me demande : “C’est Madame Camara ?” Je ne réponds ni par oui ni par non, puis la personne raccroche. Lors d’un autre appel, la personne m’a contactée à partir d’un numéro masqué. Il fallait que j’en parle. Mais depuis lors, cela s’est calmé », a-t-elle expliqué.

Poursuivant son intervention, elle a relaté un incident survenu dans sa boutique, où elle a été alertée par le comportement suspect d’un inconnu. « À un moment, un homme est entré dans ma boutique avec la caméra de son téléphone allumée. Comme il avait le dos tourné et regardait les articles exposés, cela a été remarqué par une de mes voisines, dont la boutique est située à côté de la mienne. Je l’ai alors abordé en lui demandant avec insistance : “Monsieur, que voulez-vous ?” Il m’a répondu qu’il allait revenir. Je lui ai précisé qu’il n’y avait ici que des articles pour femmes et qu’aucun article pour hommes n’était vendu. Je lui ai ensuite demandé de sortir, s’il vous plaît », a-t-elle raconté.

Selon elle, cet homme serait ensuite monté dans une voiture stationnée à proximité des boutiques. « Lorsqu’il est sorti, mon amie, qui se rendait dans sa propre boutique, a aperçu une voiture garée en contrebas, avec un homme assis au volant. Le monsieur en question est monté à bord, juste à côté du conducteur. Quelques instants plus tard, mon amie est revenue m’informer que cet homme se trouvait dans cette voiture stationnée près des boutiques », a-t-elle poursuivi.

Face à cette situation, Mariama Lamarana Diallo affirme avoir pris des précautions, notamment en quittant temporairement les lieux. « C’est ainsi que j’ai fermé ma boutique. Comme il y a plusieurs sorties, j’ai emprunté une autre issue. Je me suis absentée pendant environ deux heures avant de revenir », a-t-elle indiqué.

Selon elle, ces différents événements alimentent désormais un profond sentiment d’insécurité au quotidien. « Aujourd’hui, je ne me sens pas du tout en sécurité. Chaque fois que je sors, je dois constamment regarder dans les rétroviseurs de ma voiture et faire très attention aux personnes que je croise. Je ne peux plus sortir dans la rue sans que les gens ne disent : “C’est la femme de Habib Marouane Camara.” Pour moi, c’est un peu frustrant et gênant, car c’est un visage que tout le monde connaît. Je ne peux donc pas me sentir en sécurité », a-t-elle conclu.