Alors que les commentaires se multiplient autour de l’autorisation accordée à l’ancien Premier ministre Kassory Fofana et à l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara pour se rendre à l’étranger afin d’y recevoir des soins, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a tenu à apporter des éclaircissements sur cette décision.
S’adressant directement à ses compatriotes au sujet de l’évacuation sanitaire de ces deux anciens dignitaires, le chef de l’État et chef suprême des armées a tenu à rappeler que cette mesure ne remet pas en cause les décisions rendues par la justice guinéenne.
« Disons d’abord ce qui ne change pas. La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact : nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions », a-t-il martelé.
Pour Mamadi Doumbouya, l’autorité de l’État ne doit toutefois pas exclure la dimension humaine. « Un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées. »
Le chef de l’État a également précisé que cette décision ne saurait être assimilée à une mesure de clémence ou à une remise en cause des condamnations prononcées par la justice.
« Cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, Mamadi Doumbouya a insisté sur sa vision de la justice et de la réconciliation nationale : « Car je veux une Guinée qui juge sans haine et qui sanctionne sans acharnement. La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence. Nous ne construirons pas la Guinée de demain sur la rancune, ni sur l’humiliation de qui que ce soit. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli ; c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite. »
Pour le président de la République, la Guinée doit désormais se tourner vers les défis liés à son développement et à l’amélioration des conditions de vie de sa population.
« Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction. Car ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : l’école pour nos enfants, les soins pour nos familles, l’eau et l’électricité dans nos foyers, le travail pour notre jeunesse. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est main dans la main que nous bâtirons notre pays », a conclu Mamadi Doumbouya.

