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Primature : ces trois lignes rouges de l’article 80 que Doumbouya ne peut franchir

Par Abdoul Malick DIALLO
25 janvier 2026 à 16:33
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Au lendemain de la démission du gouvernement dirigé par Bah Oury, la question de la nomination du prochain Premier ministre s’impose au centre du débat public guinéen. Si, sur le plan juridique, le choix du chef du gouvernement relève du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, il n’est pas pour autant sans balises. La Constitution fixe en effet des lignes rouges que le président Mamadi Doumbouya ne peut ignorer.

Dans l’opinion, les spéculations vont bon train. Chacun esquisse le portrait-robot du futur locataire de la Primature. L’annonce présidentielle d’un mandat dédié aux femmes a, par ailleurs, ravivé les attentes. Pour certains, elle ouvre la voie à la nomination d’une femme à la tête du gouvernement, une perspective inédite. Pour d’autres, elle rappelle une promesse déjà entendue sous l’ère Alpha Condé, restée sans effet au sommet de l’exécutif.

Au-delà de ces débats, la Constitution tranche. L’article 80 encadre strictement le profil du Premier ministre et pose trois exigences majeures, assimilables à de véritables lignes rouges.

Première ligne rouge : l’intégrité.

Le Premier ministre doit être un citoyen guinéen « reconnu pour son intégrité ». Une condition non négociable dans un contexte de transition où la crédibilité de l’action publique et la restauration de la confiance restent des enjeux majeurs.

Deuxième ligne rouge : la compétence et l’expérience.

La constitution exige une « expérience professionnelle » avérée ainsi qu’une « haute qualification » dans des domaines clés tels que l’économie, le social, le juridique, le technique ou le scientifique. Autrement dit, le poste ne saurait être confié à un profil novice ou purement politique, sans expertise solide.

Troisième ligne rouge : la connaissance du pays.

Le futur chef du gouvernement doit justifier d’une « bonne connaissance des réalités sociopolitiques, économiques et culturelles du pays ». Une exigence cruciale dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales et des équilibres politiques sensibles.

Femme ou homme, le prochain Premier ministre aura la lourde responsabilité d’impulser, de diriger et de coordonner l’action gouvernementale.

Chef de l’équipe gouvernementale, il présidera les Conseils interministériels et les réunions ministérielles, tout en servant de pivot entre le Président de la République et l’appareil exécutif.

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