Affaire Aliou Bah : quid du délai fixé par la Cour de justice de la CEDEAO à l’État guinéen ?

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Près de deux mois après la décision rendue par la Cour de justice de la CEDEAO en faveur d’Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), son exécution demeure incertaine. Si la juridiction communautaire avait ordonné la libération de l’opposant, aucune communication officielle ne permet, à ce stade, d’établir la mise en œuvre effective de cette décision.

Dans son arrêt du 25 juin 2026, la Cour de justice de la CEDEAO s’était déclarée compétente pour examiner la requête introduite par Aliou Bah, qui dénonçait des violations de ses droits. Dans le dispositif de sa décision, elle avait notamment « imparti un délai d’un (1) mois à compter de la notification qui lui en sera faite pour soumettre à la Cour un rapport concernant l’exécution du présent arrêt.»

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Alors que le délai fixé à l’État guinéen est désormais dépassé, le MoDeL affirme que les démarches visant à obtenir l’application de cette décision se poursuivent.

Interrogé sur les actions engagées par le parti, le porte-parole du MoDeL, Moïse Diawara, indique que le dossier est entièrement pris en charge par le collectif d’avocats d’Aliou Bah. « Le parti, à travers le pôle d’avocat de M. Aliou Bah est en train de faire le nécessaire pour obtenir l’exécution de cette décision prise en faveur de M. Aliou Bah. Donc, les avocats sont sur le dossier et nous suivons de très près avec eux. Et c’est vrai que le délai qui avait été prévu, c’était un mois », a-t-il expliqué.

Le responsable du MoDeL précise néanmoins que le parti entend laisser les avocats conduire les procédures en cours sans interférer dans leur stratégie judiciaire.
« Le pôle d’avocats est conscient de cet état d’effet et ils sont en train de faire le nécessaire pour obtenir l’exécution de cette décision de la Cour de justice de la CEDEAO », poursuit Moïse Diawara.

Du côté de la défense, les informations restent limitées. Contacté par la rédaction de Guinee360, Me Pépé Antoine Lamah n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur les démarches entreprises. « Nous ne pouvons pas communiquer pour le moment sur l’évolution du dossier. Le moment venu, vous serez informés », a-t-il déclaré.

Même réserve chez Me Houleymatou, qui s’est également refusée à tout commentaire. « Je ne peux pas communiquer sur ce dossier», a-t-elle simplement répondu.

Parallèlement, la situation carcérale d’Aliou Bah a connu une nouvelle évolution. Le président du MoDeL a été transféré de la maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah, en même temps que plusieurs autres détenus.

Ce transfert intervient alors que la décision de la Cour de justice de la CEDEAO, qui ordonne sa libération et impose à l’État guinéen de rendre compte de son exécution dans un délai d’un mois, continue de susciter des interrogations.

Pour le MoDeL, cette affaire dépasse désormais le seul cadre du dossier d’Aliou Bah et soulève la question du respect, par la Guinée, de ses engagements internationaux.

« Vous savez, la Guinée n’est pas un pays isolé, c’est un pays qui a ouvert au reste du monde, c’est un pays qui a ratifié des conventions, qui a signé des accords. Donc, ça y va aussi dans l’intérêt du pays, afin que nous puissions honorer souvent nos engagements à travers l’exécution des décisions venant d’une instance juridique de la sous-région », a rappelé Moïse Diawara, avant d’ajouter : « La décision, elle est déjà prise, et c’est une institution juridique qui appuie cette décision. Donc, l’image du pays est en jeu, parce que nous avons signé des conventions, nous avons des accords avec cette cour. Donc, nous sommes très sereins, nous gardons espoir, et nous suivons la ligne directrice des avocats. »

Pour rappel, Aliou Bah avait été empêché de quitter le territoire avant d’être arrêté le 26 décembre 2024. Il avait ensuite été condamné, le 28 mai 2025, par la Cour d’appel de Conakry à deux ans d’emprisonnement ferme pour « offense au chef de l’État ».

Près de deux mois après le prononcé de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, l’absence d’informations officielles sur son exécution, conjuguée au transfert d’Aliou Bah vers la prison civile de Coyah, continue d’alimenter les interrogations sur l’application effective de cette décision judiciaire.