À Dar-Es-Salam II, quartier de la haute banlieue de Conakry situé dans la commune de Gbessia, la principale décharge d’ordures de la capitale continue de transformer le quotidien des habitants. Dépourvue de la plupart des infrastructures de base, cette localité voit aujourd’hui l’un de ses rares édifices fonctionnels disparaître sous les déchets : la mosquée du quartier est désormais impraticable.
Lors d’une immersion réalisée ce jeudi 30 juillet 2026 par la rédaction de Guinee360.com, le constat sur le terrain est alarmant. Le lieu de culte est entièrement encerclé et en grande partie recouvert par les ordures, rendant impossible toute activité religieuse.
Rencontré au milieu des amas de déchets, Ibrahima Sory Mara, responsable adjoint de la jeunesse du quartier, a exprimé avec émotion son regret face à la disparition progressive de cette mosquée, autrefois fréquentée par les fidèles, notamment lors des prières du vendredi.
« Cette mosquée est devenue un lointain souvenir. Avant, c’est ici que l’on priait les vendredis. Mais aujourd’hui, elle est à l’arrêt à cause des avancées des ordures », a-t-il déploré.
Selon lui, la situation s’est considérablement dégradée à la suite du glissement de la montagne d’ordures qui avait touché les habitations de la zone il y a près de six ans.
« Depuis qu’il qu’un glissement de la montagne d’ordure sur les habitations, il y a de cela bientôt 6 ans, les autorités avaient ordonné aux propriétaires d’habitation de quitter les lieux. Mais malgré cela, les gens continuaient à prier dans la mosquée. Ensuite, depuis que ces ordures se sont déversées sur la mosquée, c’est ainsi qu’elle a cessé de fonctionner. Sinon, c’était une mosquée qui était dans de bonnes conditions. Il y avait la toiture, les portes ainsi que des fenêtres. »
Au-delà de la fermeture de la mosquée, le responsable adjoint de la jeunesse dénonce également l’absence quasi totale d’infrastructures publiques dans ce quartier, qu’il estime abandonné.
« Ici à Dar-Es-Salam 2, nous marquons de tout. Il n’y a aucune infrastructure. Pas de terrain de sport pour les jeunes, pas de marché, pas d’école primaire, pas d’hôpital, pas de maison de la jeunesse, pas de poste de commissariat, encore moins le bureau du quartier. C’est les salons des responsables du quartier qui sont transformés en bureau. »
Face aux difficultés auxquelles sont confrontés les habitants, Ibrahima Sory Mara affirme poursuivre les actions de sensibilisation afin de prévenir tout mouvement de colère susceptible de dégénérer en manifestations. Il lance également un appel au chef de l’État pour une intervention urgente.
« Nous nous battons vraiment pour sensibiliser la population. Des fois, si les gens en ont assez des ordures, ils se lèvent subitement pour manifester et barricader les routes du quartier. Vraiment nous demandons humblement au président Mamadi Doumbouya, le père de la nation de nous venir en aide à cause de Dieu. »

