Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu son verdict ce mercredi 29 juillet 2026 dans une affaire d’escroquerie portant sur des montants de 15 millions et 60,5 millions de francs guinéens. Poursuivi par Thierno Diafarou Diallo et Mamadou Sow, Ousmane Barry est reconnu coupable et condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.
Le prévenu, qui comparaissait détenu, séjourne à la Maison centrale de Conakry depuis le 2 juin 2025. Les faits qui lui sont reprochés sont prévus et réprimés par l’article 403 du Code pénal.
À l’audience, les débats ont essentiellement porté sur deux opérations financières contestées par les parties. Selon les déclarations de Thierno Diafarou Diallo, Ousmane Barry se serait présenté une première fois dans sa boutique pour effectuer un dépôt de 15 millions de francs guinéens, avant de solliciter dans le même temps le retrait de cette somme.
D’après la partie civile, le prévenu aurait promis de restituer l’argent dans la soirée, à 20 heures. Mais après l’expiration de ce délai, il ne serait pas revenu. Contacté par téléphone, Ousmane Barry aurait expliqué que son compte bancaire était bloqué depuis la France, ce qui aurait empêché le remboursement immédiat du montant concerné.
Une version rejetée par le prévenu. À la barre, Ousmane Barry a soutenu qu’il disposait de la somme en espèces au moment de l’opération et qu’il l’aurait remise à Thierno Diafarou Diallo.
Concernant Mamadou Sow, celui-ci a indiqué que sa plainte portait sur plusieurs dépôts effectués pour un montant total de 60 millions 500 mille francs guinéens. Là encore, le mis en cause a contesté les accusations portées contre lui.
Devant le tribunal, comme lors des enquêtes préliminaires, Ousmane Barry a constamment nié les faits qui lui sont reprochés.
Dans ses réquisitions, le représentant du ministère public a estimé que la principale question dans ce dossier était de déterminer si l’infraction avait effectivement été constituée.
« Il y a une question de droit qui se pose : l’infraction a-t-elle été commise ? Aucun élément matériel n’est venu appuyer les témoignages », a déclaré le procureur.
Face aux contestations du prévenu, le parquet a reconnu des difficultés à établir sa responsabilité pénale.
« Nous n’avons trouvé ni élément matériel, ni éléments démontrant l’existence de manœuvres frauduleuses destinées à tromper la vigilance », a poursuivi le ministère public.
Le procureur avait ainsi requis la relaxe d’Ousmane Barry au bénéfice du doute, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas de soutenir une condamnation pour escroquerie.
De son côté, l’avocat de la défense a dénoncé la durée de détention de son client et critiqué l’absence d’éléments matériels apportés par les parties civiles.
Selon lui, les témoins annoncés n’auraient pas permis d’établir les faits reprochés à Ousmane Barry. « Ni pour les 15 millions, ni pour les 60 millions, personne n’a apporté de preuve. Le témoin qu’ils ont envoyé s’est contenté de rapporter ce qu’on lui a raconté », a déclaré l’avocat.
Me Alseny a également évoqué l’existence d’un doute dans cette affaire. Selon lui, les parties civiles auraient dû produire des documents attestant la dette alléguée.
Il a estimé que l’absence de preuves devait profiter à son client et a demandé au tribunal d’ordonner sa libération.
Avant le prononcé du verdict, Ousmane Barry a livré son dernier mot à la barre. « Vous remarquerez que je suis en détention depuis plus d’un an alors que je suis innocent. Je demande à être acquitté », a-t-il déclaré.
Après examen du dossier, le tribunal a finalement reconnu Ousmane Barry coupable et l’a condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.
La juridiction a également ordonné au condamné de verser aux parties civiles les montants réclamés, soit 15 millions de francs guinéens à Thierno Diafarou Diallo et 60 millions de francs guinéens à Mamadou Sow.

