Dar-Es-Salam : un cimetière fragilisé par la décharge, des riverains alertent sur des actes présumés de profanation

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Le cimetière de Dar-Es-Salam, situé dans la commune de Gbessia, en bordure de la principale décharge de Conakry, se dégrade de plus en plus sous l’effet de l’avancée des montagnes d’ordures et des eaux de ruissellement. Une importante partie de son mur de clôture s’est effondrée, facilitant les intrusions et suscitant l’inquiétude des riverains. Ces derniers dénoncent des actes qu’ils jugent profanatoires, ainsi que la présence récurrente d’animaux à l’intérieur du cimetière.

Rencontré sur les lieux ce jeudi 30 juillet, Ibrahima Sory Mara, président adjoint de la jeunesse du quartier, affirme avoir surpris dans la matinée un individu adoptant un comportement qu’il juge inhabituel sur une tombe.

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Une tombe à moitié ouverte

« C’est sur ce bidon que l’intéressé était assis ce matin. Après avoir allumé un feu, il s’est déshabillé et est resté nu sur la tombe. Voici la tombe et les traces du feu. Quand je l’ai interpellé pour lui demander ce qu’il faisait, il a pris la fuite. Vous pouvez constater vous-mêmes les traces », a-t-il raconté.

Pour ce responsable local, cette situation traduit le manque de sécurisation du cimetière.
« Ce sont nos proches qui reposent ici. Voir quelqu’un venir allumer un feu sur une tombe ou accomplir ce genre d’actes est très inquiétant. Cela montre qu’il n’y a pratiquement aucune protection du cimetière. Chaque fois que nous tirons la sonnette d’alarme, certains pensent que nous faisons des critiques, alors que nous voulons simplement protéger ce lieu », a-t-il regretté.

Évoquant les difficultés auxquelles le quartier est confronté, il estime que de telles pratiques ne devraient pas se produire dans un cimetière.
Par ailleurs, l’effondrement d’une partie de la clôture favorise également l’intrusion de chiens, de moutons et d’autres animaux, qui circulent librement entre les tombes.
Interrogé sur les démarches entreprises, Ibrahima Diallo, également président adjoint de la jeunesse du quartier, explique que les autorités ont été alertées à plusieurs reprises ces dernières années.
« Le cimetière est menacé. Depuis plusieurs années, surtout à chaque saison des pluies, nous lançons des cris d’alerte. Lors du passage du Premier ministre l’année dernière, il nous avait été demandé d’identifier les zones à haut risque, ce que nous avons fait. Malgré cela, les mêmes problèmes reviennent cette année », a-t-il indiqué.

Selon lui, plusieurs responsables gouvernementaux se sont déjà rendus sur les lieux, sans qu’une solution durable ne soit trouvée.
« Nous continuons d’alerter les autorités compétentes. Le ministre de l’Assainissement est venu à plusieurs reprises et nous lui avons exposé la situation. D’autres responsables sont également passés. Nous allons rédiger un mémorandum afin de plaider pour une intervention urgente et obtenir l’appui nécessaire », a-t-il ajouté.

Dans l’attente d’une réponse des pouvoirs publics, les responsables du quartier annoncent la mise en place d’un comité de soutien avec l’appui de personnes de bonne volonté afin de mobiliser des ressources pour reconstruire la clôture et mieux sécuriser le cimetière.