Après plusieurs mois de procédure, le Tribunal criminel de Dixinn a rendu son verdict, ce jeudi 30 juillet 2026, dans l’affaire de l’attaque à main armée perpétrée en 2023 à Nongo Morikanteyah, dans la commune de Lambanyi.
Poursuivis pour vol à main armée, association de malfaiteurs et détention illégale d’armes, des infractions prévues et réprimées par les articles 373, 381, 784, 785 et 848 du Code pénal guinéen, les cinq accusés ont été reconnus coupables et condamnés à des peines d’emprisonnement ferme.
Aboubacar Camara, alias « Cantona », a été condamné à sept ans de prison. Mohamed Lamine Camara, alias « Mista », Mory Seydou Soumah, alias « Fiston », et Abdoulaye Soumah ont chacun écopé de quatre ans d’emprisonnement ferme. Moussa Camara a, quant à lui, été condamné à trois ans de prison ferme.
Sur l’action civile, le tribunal a condamné solidairement les prévenus au paiement de 60 millions de francs guinéens ainsi qu’à 50 millions de francs guinéens de dommages et intérêts au profit de la partie civile. La juridiction a également ordonné la restitution des biens saisis et placés sous scellés au cours de la procédure.
Des faits remontant à 2023
Selon les éléments exposés à l’audience par le ministère public, les faits se sont produits en 2023. La victime, Madame Taïbou Bah, rentrait à son domicile après avoir raccompagné une amie accompagnée de son jeune fils lorsqu’elle aurait été prise pour cible à Morikanteyah.
D’après l’accusation, un véhicule de marque Mazda, à bord duquel se trouvaient les prévenus, l’aurait interceptée. Après un échange au cours duquel le conducteur lui aurait reproché sa manière de conduire, le véhicule se serait immobilisé devant elle afin de lui barrer la route.
L’un des occupants serait alors descendu, armé, avant d’être rejoint par les autres. Sous la menace d’une arme, ils auraient dépossédé la victime de ses effets personnels avant de prendre la fuite à bord du même véhicule.
La victime s’était ensuite rendue au commissariat central de Nongo pour déposer plainte.
Les investigations menées par les services de sécurité avaient permis de localiser le véhicule présumé utilisé lors des faits à Kakoulimaya, dans la préfecture de Coyah, conduisant à l’interpellation des cinq suspects.
Le parquet a également soutenu que les investigations avaient établi l’implication présumée du groupe dans plusieurs autres attaques à main armée commises dans la capitale.
Des versions divergentes au cours de l’instruction
Au cours de l’enquête préliminaire, notamment devant la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), puis devant le juge d’instruction, certains prévenus auraient reconnu leur implication, tandis que d’autres ont constamment contesté les faits.
Le ministère public a estimé que les accusés avaient finalement adopté une stratégie de défense commune visant à nier les accusations portées contre eux.
Des réquisitions plus sévères que le verdict
Lors de ses réquisitions, le procureur avait sollicité des peines nettement plus lourdes. Il avait requis 20 ans de réclusion criminelle contre Moussa Camara, Aboubacar Camara et Abdoulaye Soumah, ainsi que 15 ans de réclusion criminelle contre Mory Seydou Soumah et Mohamed Lamine Camara.
Le parquet avait également demandé la confiscation, au profit de l’État guinéen, du véhicule Mazda présenté comme ayant servi à la commission des faits.
Pour sa part, la partie civile, représentée par Madame Taïbou Bah, réclamait 200 millions de francs guinéens en réparation du préjudice subi.
À l’issue des débats contradictoires, des réquisitions du ministère public et des plaidoiries des avocats, le Tribunal criminel de Dixinn a finalement prononcé son jugement, condamnant les cinq accusés à des peines comprises entre trois et sept ans d’emprisonnement ferme, tout en statuant sur les intérêts civils de la victime.

