Les opérations de démolition des bâtiments situés aux alentours de la décharge de Dar-Es-Salam se poursuivent après l’éboulement meurtrier survenu dimanche dernier. À Hamdallaye 1, le groupe scolaire privé Hadja Nantouma a finalement été rasé, malgré l’alerte lancée la veille par ses responsables.
Sur place, Daouda Souaré, directeur général de l’établissement, a assisté impuissant à la destruction de l’infrastructure dans laquelle lui et ses collaborateurs avaient investi plusieurs années de travail et d’économies. Son appel à préserver l’école, fréquentée par plus de 300 élèves, n’aura finalement pas été entendu.
Alors que les bulldozers entraient en action, le responsable revenait sur les efforts consentis pour construire et développer l’établissement. Il assure que l’école avait été installée légalement et disposait des documents nécessaires.
« On a enseigné pendant des années et c’est avec cet argent que nous avons ouvert cette école. Nous nous sommes installés légalement et nous avons tous les documents. Quand la nouvelle est tombée, on n’a pas cru que notre école allait être touchée », explique Daouda Souaré.
Selon lui, l’établissement se trouvait à environ 50 mètres de la décharge, derrière un château d’eau, ce qui avait nourri l’espoir de voir l’école épargnée par l’opération de déguerpissement.
Cette démolition intervient alors que les responsables de l’établissement espéraient encore accueillir les élèves à la prochaine rentrée scolaire. Une perspective désormais compromise pour plus de 300 enfants, dont plusieurs sont issus de familles modestes du quartier.
Au-delà des élèves, la disparition de l’école aura également des conséquences sur le personnel enseignant. Daouda Souaré indique que plusieurs jeunes diplômés de l’université avaient trouvé un emploi au sein de l’établissement.
Pour lui, leur retour au chômage constitue une conséquence supplémentaire de cette opération, dans un contexte où les autorités cherchent parallèlement à encourager les jeunes à rester au pays.
« Aujourd’hui, beaucoup de jeunes quittent le pays pour aller chercher de l’argent à l’extérieur, parfois au péril de leur vie, alors même que l’État déconseille cette voie », déplore-t-il.
Pour Daouda Souaré, la destruction de Hadja Nantouma ne signifie donc pas seulement la perte d’un bâtiment scolaire. Elle marque également la fin d’un projet éducatif et la disparition d’une source d’emploi pour plusieurs jeunes.

