« Si l’école disparaît, nous ne savons pas où placer les élèves » : l’alerte du DG du groupe scolaire Hadja Nantouma menacé de démolition à Dar-Es-Salam

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Après l’éboulement meurtrier survenu le 23 août dernier sur la décharge de Dar-Es-Salam, les opérations de déguerpissement et de démolition des constructions situées dans les environs du site se poursuivent. À Hamdallaye 1, le groupe scolaire privé Hadja Nantouma figure parmi les bâtiments concernés par cette opération. Son directeur général, Daouda Souaré, déplore le court délai accordé aux promoteurs et appelle les autorités à revoir leur décision.

Dans la cour de l’établissement, l’inquiétude est palpable. Les responsables du groupe scolaire se préparent à voir disparaître une structure qui, selon eux, accueille depuis près de sept ans des enfants issus principalement des quartiers environnants. L’établissement, qui comprend le préscolaire, le primaire et le secondaire jusqu’en 10ᵉ année, compte actuellement environ 350 élèves.

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Pour Daouda Souaré, la décision de démolir l’école est d’autant plus difficile à accepter que les promoteurs disent avoir investi progressivement leurs économies pour développer l’établissement. Ils expliquent avoir commencé avec seulement quatre classes avant d’étendre leurs activités au fil des années. « Nous sommes frappés d’une très grande tristesse. Nous avons investi ici l’argent que nous avons économisé pendant des années, entre amis, pour créer cette école », témoigne le directeur général.

Au-delà de l’investissement financier, les responsables mettent en avant les résultats obtenus par l’établissement. À titre d’exemple, au dernier examen présenté par l’école, 33 candidats ont été présentés et 31 ont été déclarés admis, selon Daouda Souaré. Il assure que l’établissement enregistre régulièrement de bons résultats scolaires.

Mais pour les promoteurs, l’enjeu dépasse les seuls résultats académiques. L’école constitue également une source d’emploi pour plusieurs jeunes du quartier, dont certains, après leurs études, y donnent aujourd’hui des cours. « Beaucoup de jeunes qui ont terminé leurs études donnent des cours ici. Si l’école disparaît, nous ne savons pas où les placer », souligne-t-il.

Le directeur général insiste également sur le rôle social joué par l’établissement auprès des familles riveraines. Avec des frais de scolarité présentés comme accessibles, l’école permettrait à de nombreux parents de scolariser leurs enfants à proximité de leurs domiciles. « Quand nous sommes arrivés, nous avons commencé avec une mensualité de 115 000 francs. Nous avons voulu rendre l’école accessible aux familles du quartier », explique-t-il.

La disparition de l’établissement pourrait ainsi, selon lui, compliquer la scolarisation de plusieurs enfants, notamment ceux en bas âge. « Beaucoup de parents nous demandent déjà où ils vont envoyer leurs enfants. Pour certaines familles, cette école est proche et les enfants peuvent même venir à pied », affirme Daouda Souaré.

Un appel aux mesures d’accompagnement

Si les promoteurs disent comprendre la nécessité des opérations engagées par les autorités après le drame de Dar-Es-Salam, ils contestent surtout les conditions dans lesquelles ils sont appelés à quitter les lieux.
Daouda Souaré affirme que les responsables de l’établissement avaient été conviés à une réunion au cours de laquelle il leur aurait été indiqué qu’une délimitation à 50 mètres devait permettre d’épargner certaines constructions. La présence de l’école dans la zone finalement retenue aurait donc surpris ses responsables.

À l’approche de la démolition annoncée entre ce vendredi ou samedi, ils disent également ne pas avoir reçu d’information précise sur une éventuelle indemnisation. « Nous demandons à l’État de revoir sa décision. Nous ne sommes pas contre le déguerpissement, mais il faut des mesures d’accompagnement. On ne peut pas demander aux gens de quitter les lieux du jour au lendemain », plaide le directeur général.

Alors que les bulldozers doivent entrer en action, les promoteurs du groupe scolaire Hadja Nantouma espèrent encore une intervention des autorités.

Leur souhait est de voir prise en compte, au-delà du bâtiment à démolir, la situation des 350 élèves, des enseignants et des familles qui dépendent directement ou indirectement de cet établissement.