Détention de chanvre indien : le TPI de Mafanco relaxe un prévenu et condamne trois autres

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Le Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco a examiné, ce lundi 27 juillet 2026, le dossier de quatre prévenus poursuivis pour consommation, détention et vente présumées de chanvre indien, en application des articles 812 et 832 du Code pénal.

À la barre, les quatre hommes ont successivement contesté les faits mis à leur charge, livrant chacun leur version des circonstances ayant conduit à leur interpellation.

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Premier à comparaître, Mamadou Sadjo Diallo, ouvrier de 35 ans, a expliqué avoir été arrêté alors qu’il venait rendre visite à sa mère après une nuit de travail au port.
« J’ai été arrêté à mon domicile. J’ai passé la nuit à travailler au port. Je suis rentré vers 16 heures pour saluer ma mère. En arrivant, j’ai frappé à la porte. Pendant ce temps, j’ai entendu du bruit et trois agents sont venus nous arrêter. Ils poursuivaient un jeune dans notre couloir. Ce dernier s’est agrippé à la chaise sur laquelle ma mère était assise. Elle a crié, je suis sorti brusquement et les agents ont décidé de nous interpeller. Je ne fume pas et je ne bois pas », a-t-il déclaré.

À son tour, Mamadou Aliou Diallo a également rejeté les accusations portées contre lui.
« J’étais dans un bar où je prenais un jus. Je suis sorti pour faire un besoin et je me suis retrouvé dans une embuscade. J’ai voulu retourner dans le bar, mais ils m’ont arrêté. »

Interrogé par le ministère public sur les raisons pour lesquelles il aurait tenté de prendre la fuite au moment de la descente des forces de l’ordre, le prévenu s’est défendu.
« Je n’ai pas fui. J’ai simplement accéléré le pas. Les agents ne sont même pas entrés dans le bar. Je ne consomme pas de drogue et je n’en vends pas », a-t-il soutenu.

Étudiant en troisième année de licence, Thierno Mamadou Djouh Barry, âgé de 21 ans, a lui aussi nié les faits.
« J’étais allé à Matoto. Après être descendu de la moto pour acheter à manger, j’ai été interpellé avec d’autres jeunes. Ils ont ensuite été relâchés, mais pas moi. »

Invité par le président du tribunal à expliquer pourquoi les autres personnes avaient été libérées, il a répondu : « Je n’avais rien sur moi. J’ai été arrêté dans un kiosque où j’étais allé acheter à manger. Une vingtaine de personnes ont été interpellées. L’identification n’a pas été faite sur place, mais à la gendarmerie. Les agents avaient déjà la drogue avec eux. L’un d’eux est sorti vérifier si la personne qu’il recherchait figurait parmi nous. Comme il ne l’a pas retrouvée, il m’a attribué les faits », a-t-il affirmé.

Le quatrième prévenu, Alhassane Soumah, fanfariste de 35 ans, a également contesté les accusations.
« Le jour des faits, je venais de quitter Forécariah. En rentrant chez moi, avec un bol pour acheter à manger, les agents poursuivaient des jeunes. Ils m’ont arrêté devant ma porte, en présence de ma mère. Ils n’ont rien trouvé sur moi. Voilà comment je me suis retrouvé dans cette affaire », a-t-il déclaré.

À la question du ministère public de savoir sur qui les sacs contenant le chanvre indien avaient été saisis, il a répondu : « Je ne sais pas. Ils ne les ont pas trouvés sur moi. »

Les réquisitions du ministère public

Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé qu’aucun élément du dossier ne permettait d’établir la culpabilité de Mamadou Sadjo Diallo.

« Il n’y avait rien contre Sadjo Diallo. Certes, des substances ont été retrouvées au moment de l’interpellation, mais elles ne lui appartenaient pas », a soutenu le parquet, avant de requérir sa relaxe pour infraction non constituée.

En revanche, le ministère public a requis la déclaration de culpabilité de Mamadou Aliou Diallo et de Thierno Mamadou Djouh Barry pour détention de chanvre indien, ainsi que celle d’Alhassane Soumah pour détention et vente de chanvre indien. Il a sollicité à leur encontre une peine de six mois d’emprisonnement assortie de sursis et une amende d’un million de francs guinéens chacun.

La décision du tribunal

Suivant partiellement les réquisitions du parquet, le tribunal a déclaré Mamadou Sadjo Diallo non coupable et l’a renvoyé des fins de la poursuite pour infraction non constituée.

En revanche, Mamadou Aliou Diallo, Thierno Mamadou Djouh Barry et Alhassane Soumah ont été reconnus coupables de détention de chanvre indien. Ils ont chacun été condamnés à six mois d’emprisonnement assortis du sursis et au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.

Le tribunal n’a toutefois pas retenu la prévention de vente de chanvre indien à l’encontre d’Alhassane Soumah, le déclarant uniquement coupable de détention de cette substance.