Zimbabwe : le Sénat approuve la prolongation du mandat de Mnangagwa jusqu’en 2030

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Le Sénat du Zimbabwe a adopté, ce mercredi 24 juin 2024, à une très large majorité, la réforme constitutionnelle qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Déjà approuvé par l’Assemblée nationale, le texte ouvre la voie à un maintien au pouvoir du chef de l’État jusqu’en 2030 et introduit plusieurs changements majeurs dans l’organisation des institutions et du système électoral.

Selon la présidente du Sénat, Mabel Chinamona, 75 sénateurs ont voté en faveur du projet de loi, contre seulement quatre opposants. Cette adoption intervient après le feu vert accordé par l’Assemblée nationale le 18 juin.

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La réforme doit désormais être promulguée par le président pour entrer officiellement en vigueur. Âgé de 83 ans, Emmerson Mnangagwa dirige le Zimbabwe depuis 2017, après l’éviction de Robert Mugabe lors d’une intervention politique soutenue par l’armée. Avec cette prolongation, il pourrait totaliser douze années à la tête du pays à l’issue de ses deux mandats.

Au-delà de l’extension du mandat présidentiel, le texte prévoit une transformation profonde du système électoral. La réforme mettrait fin à l’élection du président au suffrage universel direct, en vigueur depuis 1987, pour confier aux parlementaires la désignation du futur chef de l’État. Le mandat des députés serait également prolongé de deux ans.

Le projet suscite de vives critiques de la part de l’opposition, qui dénonce un « coup d’État constitutionnel » destiné à consolider durablement le pouvoir du parti au pouvoir, le ZANU-PF. Les autorités défendent, quant à elles, une réforme nécessaire pour assurer la stabilité politique du pays.

L’opposition affirme par ailleurs avoir fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation au cours du processus. Son principal dirigeant, Tendai Biti, avait notamment été arrêté en mars dernier, alimentant les inquiétudes sur le climat politique entourant cette révision constitutionnelle.