Ouvert le 19 février 2026 devant le tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, le procès dans l’affaire du meurtre d’Elhadj Hassimiou, opérateur économique assassiné à son domicile de Kobaya, dans la haute banlieue de Conakry, en août 2024, connaît un nouveau rebondissement. Après plusieurs semaines de débats, la juridiction se voit contrainte de reprendre le dossier depuis le début.
Cette reprise, dont la date n’est pas encore connue, fait suite au décès, le 14 mai dernier, de Mory Bayo, assesseur au tribunal de première instance de Dixinn et membre de la composition du tribunal chargé du dossier.
Au total, dix-sept prévenus sont poursuivis dans cette affaire pour des faits présumés d’assassinat en bande organisée, d’association de malfaiteurs et de vol à main armée.
Parmi eux figurent notamment Mohamed Soumah, alias « Passy », et Daouda Kourouma, alias « Dako », ce dernier ayant longtemps été en cavale. Les deux accusés ont déjà comparu devant le tribunal pour répondre des charges retenues contre eux. À la barre, ils ont nié toute implication dans l’assassinat d’Elhadj Hassimiou, même si certains ont reconnu avoir participé à plusieurs opérations d’attaque à Conakry.
Selon des informations recueillies par Guinee360 auprès du tribunal, la juridiction est désormais confrontée à l’obligation de reprendre entièrement les débats.
Interrogé sur le fondement juridique d’une telle reprise, un magistrat a indiqué qu’il s’agit d’« une pratique judiciaire ».
Cette procédure vise, selon la même source, à permettre au nouveau membre intégré dans la composition du tribunal de mieux comprendre les contours du dossier, au motif qu’il n’a pas suivi les précédentes audiences ni l’ensemble des débats.
Notre source précise également qu’un changement dans la composition du tribunal, comme c’est le cas après la disparition de l’un des membres de l’équipe judiciaire, entraîne généralement une reprise des audiences.
Cette reprise pourrait intervenir à partir du mois de septembre. Après les élections législatives et communales prévues le 31 mai, les vacances judiciaires devraient en effet retarder la poursuite de ce dossier criminel très suivi par l’opinion publique ainsi que par les proches de la victime, qui attendent de connaître les sanctions susceptibles d’être prononcées contre les accusés.

