Près de trois ans après le coup d’État militaire en Guinée, de nombreux citoyens expriment leur mécontentement face à la gouvernance actuelle et estiment que leurs conditions de vie se sont détériorées. Interrogé à ce sujet par RFI, Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement guinéen, a répondu aux critiques en défendant les actions menées durant cette période de transition, comme la hausse des salaires de certains hauts fonctionnaires.
« Je pense qu’il y a un certain nombre de nos compatriotes qui, malheureusement, se plaisent à construire un narratif négatif pour jeter l’anathème sur la transition. Mais je vais vous dire, si vous regardez les facteurs de stabilité économique : prenez la monnaie guinéenne, en trois ans, le franc guinéen n’a pas connu de variation. La monnaie est restée stable malgré toutes les autres monnaies qui connaissent des yoyos », a-t-il affirmé.
Ousmane Gaoual Diallo a également mis en avant les efforts du gouvernement pour améliorer la rémunération des hauts cadres de l’État. Pour lui, depuis l’arrivée du CNRD, les choses ont changé. « Vous regardez aujourd’hui les hauts cadres de l’État, on a mis au niveau international les salaires. Aujourd’hui, un secrétaire général des ministères est payé quasiment à 3000 dollars par mois, alors que quand on est arrivé, il émargeait à 600$. On a mis en place de quoi attirer les compétences, notamment les Guinéens qui ont des qualifications et qui sont formés à l’étranger », a-t-il ajouté.
Concernant les critiques sur la dégradation des conditions de vie et la perte de pouvoir d’achat, le porte-parole a reconnu les défis persistants dans certains secteurs essentiels comme l’électricité, l’eau et les infrastructures routières. « Maintenant, il y a des facteurs sur lesquels le retard est important : l’électricité, l’eau, les infrastructures routières. Ce sont des secteurs qui ont été oubliés depuis l’indépendance. Il faut donc apporter des réponses appropriées à cela », a-t-il précisé.
Cependant, Ousmane Gaoual Diallo a insisté sur le fait que ces problèmes ne peuvent être résolus en seulement trois ans de transition. « Mais est-ce que c’est une transition de trois ans qui peut régler ces questions-là ? Je pense que là, c’est faire un jugement un peu trop hâtif et un peu trop sévère sur la transition guinéenne », a-t-il conclu.
Ces déclarations visent à rassurer la population et à souligner les efforts du gouvernement pour stabiliser l’économie et améliorer la gouvernance en Guinée, malgré les nombreux défis hérités du passé.

