Le décès de Mamadou Diouma Bah, candidat au baccalauréat unique, survenu dans la nuit du lundi au mardi 21 juillet à Kindia, continue de provoquer de nombreuses réactions en Guinée. Alors que les circonstances de cette disparition font encore l’objet de débats, la Fédération guinéenne des parents d’élèves, étudiants et amis de l’école (FEGUIPAE) condamne fermement la situation et remet en cause le recours à la détention pénale pour les candidats impliqués dans des affaires présumées de fraude aux examens nationaux.
Contactée par la rédaction de Guinee360, la présidente de la FEGUIPAE, Adama Sow, estime que l’école doit rester le cadre privilégié de l’accompagnement et de la sanction des élèves.
« En ce qui concerne le décès du jeune Mamadou Diouma Bah à Kindia, nous condamnons cet acte avec la dernière énergie. La place d’un élève, après sa famille, c’est à l’école, pas en prison. Plus jamais ça dans le milieu scolaire », a-t-elle déclaré.
Pour la responsable de la fédération, les textes qui encadrent les examens nationaux prévoient déjà des sanctions adaptées contre les candidats reconnus coupables de fraude. Selon elle, l’exclusion de l’examen constitue une conséquence suffisamment lourde.
« Lorsqu’un élève fraude, au lieu de le condamner à la prison avec des criminels, des assassins ou des voleurs, il vaut mieux appliquer les textes qui réglementent les examens en Guinée. Il a fraudé, il est éliminé, il perd son examen. C’est suffisant », a-t-elle soutenu.
Adama Sow rappelle également les sacrifices consentis par les familles pour accompagner leurs enfants jusqu’à la classe de terminale et estime que la perte d’une année scolaire représente déjà une sanction importante.
« Les parents consentent énormément de sacrifices pour accompagner leurs enfants jusqu’en classe de terminale et aux examens. Le fait qu’un candidat soit éliminé et perde toute son année scolaire est déjà une sanction très lourde. Nous estimons qu’il ne fallait pas ajouter une peine d’emprisonnement. »
La présidente de la FEGUIPAE s’interroge également sur le traitement réservé aux candidats interpellés à Kindia, estimant que des situations similaires n’auraient pas conduit à des placements en détention dans d’autres préfectures.
« Dans les autres préfectures, les candidats impliqués dans des cas de fraude n’ont pas été emprisonnés. Pourquoi à Kindia ? Je me pose la question. Ce ne sont pas des assassins. Ils ont déjà perdu l’année scolaire 2025-2026. C’est une lourde peine qui les affecte eux-mêmes ainsi que leurs parents », a-t-elle souligné.
Après l’annonce du décès de Mamadou Diouma Bah, des mouvements de protestation ont été enregistrés dans plusieurs établissements scolaires. Face à cette situation, la FEGUIPAE appelle les élèves à la retenue et met en garde contre toute tentative de récupération ou de débordement.
« Nous appelons les élèves à la retenue. Il faut éviter que des personnes mal intentionnées s’infiltrent dans ces mouvements et provoquent des débordements. Aujourd’hui, tous les Guinéens sont indignés. Les autorités, les forces de sécurité et même les gardes pénitentiaires sont touchés par cette situation, car chacun peut se mettre à la place des parents », a-t-elle lancé.
Tout en exprimant sa compassion à la famille du défunt, la fédération demande aux autorités éducatives, administratives et judiciaires de libérer les autres candidats encore détenus, estimant que leur exclusion du baccalauréat constitue déjà une sanction.
« Nous appelons les autorités éducatives, administratives et judiciaires, notamment le procureur de Kindia, à libérer les autres candidats. Nous avons déjà enregistré un décès. Nous ne souhaitons pas qu’il y ait d’autres victimes. Ces élèves sont déjà éliminés du baccalauréat. Qu’on les laisse rentrer chez eux avec cette sanction, qui est déjà suffisamment douloureuse », plaide Adama Sow.
La présidente de la FEGUIPAE appelle les autorités et les acteurs du système éducatif à tirer les leçons de ce drame afin qu’une telle situation ne se reproduise plus.
« Plus jamais cela dans le système éducatif guinéen. Deux sanctions à la fois, l’élimination de l’examen et la prison, c’est beaucoup pour un candidat », a-t-elle conclu.

