Violences sexuelles à Mandiana : le procureur clarifie la chronologie, Patricia Lamah condamne et annonce des mesures

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Les faits de violences sexuelles révélés récemment par une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux à Balandougouba, dans la préfecture de Mandiana, ne sont pas récents. Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mandiana, Abdoulaye Soumah, la procédure judiciaire est engagée depuis le mois d’avril. Quatre personnes ont déjà été interpellées et placées en détention pour des faits présumés de viol collectif, tandis qu’un cinquième suspect est toujours recherché.

« On a déjà reçu des images et la procédure est déjà mise en place depuis courant avril. À cet effet, nous avons interpellé quatre personnes pour ces faits de viol collectif. Ils sont déjà en détention depuis cette date », a expliqué le procureur, ajoutant qu’il y a « une cinquième personne qui est en cavale. Mais le juge d’instruction, étant saisi de la procédure, continue à poser des actes pour son interpellation », a-t-il indiqué.

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Abdoulaye Soumah a également tenu à clarifier la chronologie des événements, alors que la diffusion récente de la vidéo a suscité une forte émotion dans l’opinion publique.
« Il ne s’agit pas d’un fait récent. Les faits se sont déroulés depuis courant avril à Balandougouba », a-t-il précisé.

Après la diffusion de la vidéo montrant les violences commises sur une adolescente âgée d’environ 14 ans, le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités a réagi fermement.

Dans un communiqué publié mercredi 22 juillet 2026, le département dirigé par la ministre Patricia Adeline Lamah a condamné des actes qualifiés de « criminels » et rappelé qu’ils constituent une violation grave des droits de l’enfant.
« Le Gouvernement de la République de Guinée, à travers le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, condamne avec la plus grande fermeté ces actes criminels, qui constituent une violation grave des droits de l’enfant, une atteinte à la dignité humaine et une infraction sévèrement réprimée par les lois de la République », indique le communiqué.

Le ministère a également dénoncé la diffusion des images sur les réseaux sociaux, estimant que leur partage aggrave le traumatisme subi par les victimes.
« Ces pratiques portent gravement atteinte à la dignité des personnes concernées, aggravent leur traumatisme et compromettent leur reconstruction », souligne le communiqué.

Au-delà de la réponse judiciaire, le ministère affirme avoir engagé des mesures d’accompagnement en faveur des survivantes.
Selon le communiqué, un soutien psychologique, social et médical a été mis en place. Les victimes doivent également être accueillies au Centre d’autonomisation des femmes de Mandiana, afin de favoriser leur réinsertion dans un environnement sécurisé.
« Parallèlement, un accompagnement psychologique, social et médical a été engagé en faveur des survivantes. Les dispositions nécessaires ont également été prises pour leur accueil au Centre d’autonomisation des femmes de Mandiana », précise le ministère.

Le département rappelle que le viol constitue un crime et affirme qu’aucune pression sociale, culturelle ou communautaire ne doit empêcher l’application de la loi.
« Aucune considération sociale, culturelle ou communautaire, ni aucun règlement à l’amiable, ne saurait faire obstacle à l’application stricte de la loi », affirme le ministère.

Il dénonce par ailleurs les discours visant à culpabiliser les victimes, ainsi que les tentatives de banalisation des violences sexuelles observées sur certaines plateformes numériques.

Les autorités invitent les parents, les responsables administratifs, les élus locaux, les chefs de quartier, les leaders religieux et l’ensemble des citoyens à signaler tout acte de violence commis contre les enfants auprès des services compétents, notamment le Service central de protection des personnes vulnérables, l’OPROGEM et les services sociaux.

Le ministère appelle également les internautes à éviter toute diffusion de contenus portant atteinte à la dignité des victimes.
« Le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités poursuivra, avec l’ensemble des institutions concernées et ses partenaires, le renforcement des mécanismes de prévention, de protection, de prise en charge et de lutte contre les violences sexuelles sur toute l’étendue du territoire national », conclut le communiqué.