Accusé de viol sur mineure, Elhadj Nouhou Diallo rejette les accusations : « Je suis victime d’un complot »

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Le procès d’Elhadj Nouhou Diallo, imam et fondateur d’un groupe scolaire à Wanindara, poursuivi pour viol sur mineure, complicité d’avortement et administration de substances nuisibles, s’est poursuivi ce jeudi 23 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, statuant en matière criminelle.

Absent depuis l’ouverture des débats pour des raisons de santé, le principal prévenu a finalement comparu devant le tribunal. Face aux juges, il a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui, affirmant être victime d’un complot destiné à ternir sa réputation.

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Les deux autres prévenus dans cette affaire sont le médecin Raphaël Fangamou, actuellement placé en détention, et Nema Doré, poursuivie en fuite.

Une première comparution très attendue

L’arrivée d’Elhadj Nouhou Diallo a suscité une vive attention dans la salle d’audience. Vêtu d’un boubou et le visage couvert d’un masque, il est apparu affaibli par la maladie. Comme l’avait indiqué son avocat lors des précédentes audiences, il se déplace désormais avec une prothèse à la suite de l’amputation de son pied droit.

Invité par le président du tribunal à s’exprimer, le prévenu a pris la parole dans un silence quasi total.
« Monsieur le président, ce dont on parle relève d’accusations fallacieuses montées de toutes pièces pour me nuire. C’est pour éviter ce genre de situation que j’ai épousé quatre femmes, toutes jeunes et très belles », a-t-il déclaré.

Selon Elhadj Nouhou Diallo, l’origine de cette affaire remonte à la maladie de la jeune Rouguiatou Diallo.

Il explique avoir appris son état de santé alors qu’il effectuait la Oumra à La Mecque avec l’une de ses épouses. À son retour en Guinée, environ un mois plus tard, il affirme s’être rendu à l’hôpital Ignace Deen pour rendre visite à un beau-frère malade. Son épouse lui aurait alors suggéré d’aller également voir Rouguiatou, hospitalisée dans le même établissement.
« J’ai pris 200 000 francs guinéens que j’ai remis à sa mère pour les frais de médicaments. Une fois rentrée à la maison, elle m’a rappelé pour demander encore de l’argent afin de ramener la fille à l’hôpital », a-t-il raconté.

Le fondateur du groupe scolaire Deen affirme avoir ensuite été convoqué à l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), où il s’est présenté accompagné de son avocat.
« Après l’audition, nous sommes rentrés. Une semaine plus tard, on m’a rappelé pour me demander de les aider afin que la fille ne meure pas. J’ai consulté mon avocat, qui m’a conseillé de le faire puisqu’il s’agissait de sauver une vie. J’ai remis six millions de francs guinéens et le commandant m’a délivré un reçu », a-t-il déclaré.

Selon lui, les responsables d’un motel ainsi que deux employés ont également été entendus par les enquêteurs de l’OPROGEM.
« On leur a fait jurer sur le Coran et la Bible pour savoir s’ils me connaissaient. Ils ont tous affirmé ne jamais m’avoir vu », a-t-il soutenu.

Le prévenu a également contesté la thèse selon laquelle la jeune fille serait tombée malade à la suite d’un avortement.
« Lorsqu’elle est tombée enceinte à Conakry, elle est retournée au village chez sa mère. Celle-ci lui aurait versé de l’eau chaude sur les pieds. C’est cela qui l’a rendue malade », a-t-il affirmé.

Interrogé sur ses relations avec la victime, Elhadj Nouhou Diallo a indiqué que Rouguiatou n’était venue qu’une seule fois dans son bureau, en compagnie de sa propre fille, qui était sa camarade de classe.

Concernant les accusations selon lesquelles la jeune fille aurait été admise en 7ᵉ année sans avoir obtenu le Certificat d’études élémentaires (CEE), il a rejeté toute responsabilité, estimant que cette décision relevait exclusivement du directeur de l’école primaire.

Tout au long de son interrogatoire, tant par le ministère public que par les avocats des différentes parties, le prévenu a maintenu son innocence, réaffirmant être la cible « d’accusations montées de toutes pièces ».

L’audience devait ensuite se poursuivre par une confrontation avec Abdoulaye Bah, présenté comme le neveu de la victime.

Le président du tribunal a toutefois relevé que ce dernier n’avait produit aucun mandat l’autorisant à représenter officiellement la famille de Rouguiatou Diallo. Bien qu’Abdoulaye Bah, qui se présente comme juriste, ait soutenu qu’un mandat verbal suffisait, le tribunal a estimé nécessaire qu’il régularise sa situation avant la poursuite des débats.

Par ailleurs, l’avocat d’Elhadj Nouhou Diallo a sollicité la comparution de la mère de la victime afin qu’elle s’explique, notamment sur les transferts d’argent évoqués par son client.

Avant de lever l’audience, le tribunal a également examiné une demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats du médecin Raphaël Fangamou, seul prévenu actuellement détenu dans cette procédure.

Après en avoir délibéré, le tribunal a rejeté cette requête.

L’affaire a été renvoyée au 30 juillet 2026 pour la comparution de la mère de la victime et, éventuellement, les réquisitions du ministère public ainsi que les plaidoiries des différentes parties.