Forum WCAF à Conakry : le Royaume-Uni et l’Afrique francophone misent sur des investissements concrets pour transformer leurs économies

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Publireportage-La cinquième édition du UK-West and Central Francophone Africa Trade and Investment Forum (WCAF V) a été officiellement lancée ce mardi 20 octobre 2026 à Conakry. Organisée par DMA Invest, la rencontre rassemble plus de 1 500 participants issus de plus de 16 pays, dont le Royaume-Uni, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Sénégal, la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la Guinée-Bissau.

Pendant deux jours, responsables publics, investisseurs, institutions financières et chefs d’entreprise se retrouvent autour d’un même défi : renforcer les relations économiques entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone, mais surtout faire émerger des projets capables de se concrétiser sur le terrain.
Placée sous le thème « De la coopération à la transformation, pour bâtir l’avenir du développement en Afrique », cette cinquième édition met l’accent sur les opportunités d’affaires, le financement des projets et le développement des entreprises locales. Au-delà des échanges, une question traverse les discussions : comment faire en sorte que les partenariats annoncés se traduisent par des investissements réels, des emplois et une plus grande création de valeur en Afrique ?

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PM Bah Oury

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a rappelé que les choix économiques opérés aujourd’hui pèseront directement sur la place qu’occupera la Guinée dans l’économie mondiale de demain. Pour lui, le pays doit aller au-delà de l’exploitation de ses ressources et renforcer ses capacités de production, sa maîtrise technologique ainsi que la compétitivité de ses entreprises.
« Le prix de nos matières premières se forme sur les marchés mondiaux. La place que nous occuperons demain dans l’économie mondiale dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. Nous devons donc faire les choix qui permettront à notre pays de développer ses capacités de production, de maîtriser davantage les technologies et de renforcer ses entreprises pour qu’elles puissent accéder à de nouveaux marchés », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, le programme Simandou 2040 occupe une place centrale. Le chef du gouvernement entend faire des ressources minières un levier de transformation de l’économie nationale, plutôt qu’une richesse dont les retombées resteraient concentrées dans le seul secteur extractif.
« Le programme Simandou 2040 fixe le cap de cette transformation. Il nous appartient de faire de la richesse minière un moteur de diversification économique. Nous devons faire en sorte que les investissements réalisés dans notre pays contribuent au développement d’autres secteurs et permettent de renforcer durablement notre économie », a-t-il affirmé.

Cette volonté de diversifier l’économie a également été au cœur de l’intervention du ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé. Il a rappelé que les perspectives offertes par la Guinée ne se limitent pas aux mines et que plusieurs secteurs ont besoin de partenaires capables d’apporter des financements, des technologies et une expertise adaptée.
« La Guinée offre des perspectives qui vont bien au-delà du secteur minier. L’énergie, les infrastructures, la logistique, l’agriculture, l’agro-industrie, le numérique, la formation professionnelle et le développement urbain : dans chacun de ces secteurs, nous recherchons des partenaires capables d’apporter des capitaux et de la technologie. Nous voulons développer des projets qui répondent aux besoins de notre économie et contribuent à la transformation de nos secteurs productifs », a-t-il déclaré.

Ministre Ismaël Nabé

Pour le ministre, l’enjeu est désormais de donner une suite concrète aux opportunités présentées. Il a notamment insisté sur l’importance de l’intégration économique régionale et sur la nécessité d’accélérer les décisions pour faire avancer les projets.
« Que ce forum ne soit pas seulement un succès de participation, mais aussi un succès de transformation. Nous devons profiter de cette rencontre pour faire avancer les projets, identifier les partenaires et créer les conditions nécessaires à leur financement. L’objectif est de passer des intentions aux réalisations et de faire en sorte que les opportunités présentées puissent effectivement se concrétiser », a-t-il lancé.

Dans cette logique, Ismaël Nabé a également mis en avant le rôle de la Deal Room, un espace destiné à rapprocher les porteurs de projets des investisseurs et à faciliter la recherche de financements. Il souhaite que les discussions débouchent sur des engagements précis, assortis de responsabilités clairement établies et de mécanismes de suivi.
« Que notre Deal Room rapproche les projets, les financements, les entreprises et les partenaires capables de les accompagner. Que nos échanges débouchent sur des feuilles de route, des responsabilités clairement définies et des mécanismes de suivi. Nous devons savoir quels projets seront accompagnés, qui seront les partenaires impliqués et comment nous allons suivre les engagements pris au cours de ces deux journées », a-t-il poursuivi.

Du côté britannique, le message est similaire. Ben Coleman, envoyé commercial du Royaume-Uni pour l’Afrique de l’Ouest francophone, a appelé à approfondir les relations commerciales entre les entreprises britanniques et africaines, notamment dans les domaines du financement, des infrastructures et des technologies. Il a insisté sur la nécessité de lever les obstacles qui ralentissent les décisions d’investissement et de privilégier des échanges directement orientés vers la recherche de solutions.

« Nous sommes ici pour agir, développer des projets et travailler avec vous afin de surmonter les obstacles qui freinent les décisions d’investissement. Nous devons unir nos efforts pour relever ces défis. Ce forum doit nous permettre d’échanger directement avec les acteurs concernés, de mieux comprendre leurs besoins et de rechercher ensemble des solutions pour faire avancer les projets », a-t-il déclaré.

Pour le représentant britannique, la coopération économique doit aussi contribuer à développer les capacités productives des pays partenaires. L’objectif n’est pas seulement d’attirer des capitaux, mais de soutenir une industrialisation durable et de permettre aux économies locales de tirer davantage profit des investissements réalisés.
« Nous devons soutenir une production durable, utiliser les technologies de manière efficace, développer les activités à plus grande échelle et faire en sorte qu’une plus grande part de la valeur créée reste dans les économies locales. Il ne s’agit pas seulement d’investir, mais aussi de contribuer au développement des entreprises, à la création d’emplois et au renforcement des capacités de production dans les pays où nous travaillons », a-t-il affirmé.

Ben Coleman a par ailleurs évoqué la contribution d’institutions financières telles que British International Investment (BII) à l’accompagnement des entreprises et à la mobilisation des financements. Il a souligné que la réussite des partenariats dépend aussi de la place accordée aux acteurs locaux, notamment à travers la formation et le transfert de compétences.
« Les entreprises britanniques doivent venir avec des propositions sérieuses, des projets solides et une volonté réelle de travailler avec les partenaires locaux. La formation et le transfert de compétences doivent faire partie intégrante de ces partenariats. Nous devons nous assurer que les entreprises et les travailleurs locaux puissent acquérir les connaissances nécessaires pour participer pleinement aux projets et en tirer profit », a-t-il souligné.

Même préoccupation chez Steven Gray Ove, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de UK Export Finance. Pour lui, la réussite de cette cinquième édition ne pourra pas se mesurer uniquement au nombre de participants ou à l’intensité des échanges. Elle devra aussi se juger à l’aune des résultats obtenus et des suites données aux engagements pris.
« Alors que nous arrivons à cette cinquième édition, je voudrais lancer un défi à toutes les personnes présentes aujourd’hui en leur posant une question simple : à quoi reconnaîtrons-nous que nous avons réussi lorsque nous quitterons cette salle demain ? Nous devons réfléchir aux résultats que nous voulons obtenir et à ce que chacun peut apporter pour faire avancer les projets et renforcer les relations entre les entreprises et les institutions », a-t-il interrogé.

Le responsable de UK Export Finance a également invité les participants à aborder ouvertement les difficultés qui freinent les investissements. Selon lui, les échanges doivent permettre de mieux cerner les blocages rencontrés par les porteurs de projets et de rechercher des réponses concrètes, plutôt que de contourner les sujets les plus délicats.
« La transformation ne consiste pas à éviter les conversations difficiles. Elle exige, au contraire, de les engager, de rechercher des solutions et de transformer les obstacles en opportunités. Nous devons être capables de parler des difficultés rencontrées par les porteurs de projets, d’identifier ce qui empêche les investissements d’avancer et de travailler ensemble pour trouver des réponses concrètes », a-t-il expliqué.

Il a, dans le même esprit, rappelé que la confiance reste indispensable à la solidité des relations entre investisseurs, entreprises et institutions publiques. Elle suppose de la transparence, des responsabilités assumées et, surtout, le respect des engagements.
« Car l’investissement repose sur la confiance, tout comme la solidité des partenariats. Cette confiance se construit à travers les engagements que nous prenons, les responsabilités que nous assumons et notre capacité à tenir nos promesses. C’est ainsi que nous pourrons bâtir des relations durables et créer les conditions nécessaires à la réalisation des projets », a-t-il rappelé.

Son dernier appel a porté sur la nécessité de faire suivre les discussions d’actions mesurables. Les participants, a-t-il insisté, doivent quitter Conakry avec davantage que de nouveaux contacts et des perspectives prometteuses.
« Nous ne devons pas repartir uniquement avec de nouvelles relations et des échanges prometteurs, mais aussi avec des engagements concrets, des responsabilités partagées et une volonté ferme de passer à l’action. La réussite de ce forum dépendra de notre capacité à donner une suite aux discussions, à respecter les engagements pris et à faire avancer les projets identifiés », a-t-il insisté.

Au cours de ces deux journées, les participants doivent poursuivre leurs échanges sur les possibilités de financement et les partenariats susceptibles de soutenir le développement économique de la Guinée et des autres pays représentés.
À travers les interventions des responsables guinéens et britanniques, une même priorité se dessine : faire en sorte que la coopération économique se traduise par des projets financés, des entreprises locales renforcées et des emplois créés. Le défi est désormais de transformer les engagements annoncés en résultats tangibles.

La portée de cette cinquième édition du WCAF V se mesurera donc moins au nombre de rencontres organisées qu’à la capacité des partenaires à mobiliser les financements nécessaires, à respecter leurs engagements et à concrétiser les projets identifiés.