TPI de Mafanco : en colère, elle casse le pare-brise du “véhicule du procureur” et écope d’une condamnation

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Âgée de 22 ans, Kadiatou Baldé a comparu ce mardi 19 mai 2026 devant le tribunal de première instance de Mafanco. Elle était poursuivie pour des faits d’outrage à agent, de destruction de bien privé et de violences.

Mère célibataire, Kadiatou Baldé fait face à des difficultés liées à la prise en charge de son enfant par le père de celui-ci. Confrontée à cette situation, elle affirme avoir saisi le parquet de Mafanco. Mais estimant que son dossier n’évoluait pas, elle dit avoir perdu patience.

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C’est dans ce contexte qu’elle s’est rendue au tribunal le lundi 18 mai 2026 afin de rencontrer le procureur. À la barre, la prévenue a expliqué le déroulement des faits : «Avant-hier, j’étais venue pour voir le procureur. Quand je suis arrivée, j’ai salué ceux qui étaient là et je voulais entrer dans le bureau du procureur, mais on m’en a empêché. Quand j’ai insisté, il a demandé qui j’étais. Je lui ai répondu que c’était Kadiatou Baldé et que j’étais venue pour le dossier. Son garde du corps m’a demandé de m’asseoir. J’ai répondu que je ne pouvais pas parce que je n’étais pas en forme. Entre-temps, il m’a poussée. Énervée j’ai répliqué, ils m’ont sortie de force, bastonnée et traînée par terre», a-t-elle déclaré à la barre.

Elle a poursuivi en évoquant son état au moment des faits : « Je suis enceinte, donc je pouvais plus me contenir parce que j’étais sur mes nerfs. Quelqu’un m’a dit que c’était le véhicule du procureur. J’ai alors pris un caillou pour casser le pare-brise du véhicule. »

Après plusieurs questions de précision sur les circonstances de l’incident, le ministère public a rappelé les limites de l’intervention du procureur dans ce type d’affaires familiales : « Dans ce tribunal, nous y travaillons tous, mais chacun a un rôle à jouer. Ce n’est pas au procureur de faire en sorte que le père de votre fille s’occupe de son enfant. »

Visiblement affectée par les remarques du parquet, la prévenue a tenté de réagir, ce qui a conduit la procureure à la recadrer fermement : « J’étais présente lorsque vous avez semé ce désordre. Ce n’est pas une attitude saine. Même les animaux en brousse ne se comportent pas comme ça. Vous avez cassé le pare-brise d’un simple citoyen qui n’a rien à voir avec votre problème. »

Le parquet a poursuivi en insistant sur la responsabilité des parties : « Si on avait laissé la main libre aux agents, vous seriez aujourd’hui à l’hôpital. Le procureur ne peut pas obliger le monsieur à s’occuper de votre fille. Si le père ne peut pas prendre l’enfant en charge, vous pouvez le faire, car c’est votre enfant. Elle n’a pas choisi de naître. Vous avez voulu cet enfant, donc vous avez la responsabilité de l’élever. »

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé une peine d’un an d’emprisonnement assortie d’une amende d’un million de francs guinéens.

Regrettant son geste, la prévenue a sollicité la clémence du tribunal : « Je demande pardon. C’est mon état de grossesse qui m’a amenée à agir ainsi. »

Après délibération, le tribunal a déclaré Kadiatou Baldé coupable et l’a condamnée à deux ans de prison avec sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens.