Syli national : « Le temps des essais est révolu », Thierno Saïdou Diakité interpelle Paulo Duarte

7 min de lecture
Thierno Saidou Diakité, consultant sport

Après la publication de la liste des 25 joueurs retenus par Paulo Duarte pour les prochaines rencontres du Syli national contre le Kenya et l’Afrique du Sud, le consultant sportif Thierno Saïdou Diakité livre son analyse. S’il dit respecter les choix du sélectionneur portugais, il estime que celui-ci doit désormais disposer d’un groupe avec davantage de certitudes, à l’approche des prochaines échéances. Dans cet entretien accordé à Guinée360, il revient également sur les absences d’Issiaga Sylla, Naby Keïta et Mouctar Diakhaby, les difficultés d’intendance rencontrées par les internationaux et les principaux maux qui freinent, selon lui, le développement du football guinéen.

Guinee360 : Après la publication de la liste des joueurs convoqués pour les deux prochaines rencontres du Syli national contre le Kenya et l’Afrique du Sud, comment appréciez-vous les choix de Paulo Duarte ?

- SMS NEWS -
SMS ALERTE - Mini Landing Page

📱 SMS ALERTE

L'actualité en direct sur votre mobile

🎉

3 JOURS GRATUITS

🎁

Profitez de nos actualités sans engagement

COMMENCER MON ESSAI GRATUIT
Actus Express
📱
Par SMS
🌐
Sans Internet

Thierno Saïdou Diakité : Pour ce qui concerne les choix de l’entraîneur, j’ai un raisonnement auquel je tiens beaucoup : je pars du principe que l’entraîneur convoque les joueurs les en jambes du moment, et ceux en qui il croit être capables de traduire sur le terrain son plan de jeu et son schéma tactique.

Quelle que soit la liste établie par le coach, elle sera discutée. Raison pour laquelle, je préfère généralement me prononcer après les matchs disputés. Et puis, il y a une règle immuable sous toutes les latitudes : une équipe nationale est supposée être composée des joueurs les plus en forme du moment.

Je soulignerai que notre sélectionneur a eu suffisamment de temps pour bâtir maintenant une équipe définitive avec des certitudes. Le temps des essais est révolu, à quelques semaines des éliminatoires. Dans sa tête, il devrait avoir le profil du futur Syli national qui va aborder les deux rencontres à venir.

Quels sont, dans cette liste, les éléments qui vous rassurent le plus ?

À vrai dire, je ne mise pas sur des particularités. J’ose croire que ceux qui ont répondu aux convocations du sélectionneur vont mouiller le maillot pour défendre les couleurs nationales.

Issiaga Sylla, Naby Keïta et Mouctar Diakhaby sont absents de cette sélection. Quel impact ces absences pourraient-elles avoir sur le Syli national ?

C’est vrai que les joueurs que vous citez sont des joueurs cadres, qui ont rendu d’inestimables services à la Guinée. Mais il y a un temps pour tout et, de fait, il s’agit de construire une équipe d’avenir face à de nouveaux challenges. Je souhaite vivement que la relève puisse être valablement assurée, pour ne pas regretter les absences signalées.

Avez-vous le sentiment que Paulo Duarte dispose aujourd’hui d’une réelle liberté dans le choix de ses joueurs ?

De mon point de vue, c’est un technicien à très forte personnalité, qui a fait ses armes à l’école de son compatriote José Mourinho. Il n’hésitera donc pas à dénoncer d’éventuelles pressions ou recommandations.

Avant sa nomination, il a présenté un ambitieux projet sportif à l’horizon 2030, c’est-à-dire une historique qualification de la Guinée au prochain Mondial. À condition qu’on lui laisse les mains libres.

Paulo Duarte a évoqué plusieurs difficultés auxquelles les internationaux guinéens sont confrontés. Il a même plaidé pour l’octroi de passeports de service aux joueurs. Comment interprétez-vous ce cri de cœur ?

Les difficultés évoquées par l’entraîneur ne sont guère une première. Il revient maintenant à la Fédération, en relation avec le ministère des Sports, de pouvoir anticiper et mettre en place un mécanisme permettant de régler définitivement ce genre de problème, qui relève de l’intendance.

Depuis plusieurs années, nous participons à des phases éliminatoires et à diverses compétitions. On devrait donc tirer profit des enseignements et des leçons de ces différentes épreuves.

Quels sont aujourd’hui les principaux problèmes qui freinent les performances du football guinéen ?

Le premier handicap auquel le football national est confronté est le manque d’infrastructures fonctionnelles, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Notre administration sportive pêche par manque de monitoring rigoureux et de suivi des résolutions et recommandations issues des différentes concertations organisées.

Un seul exemple : au mois de mai 1998, a été organisé au Palais du peuple de Conakry le Conseil national des sports, avec près de 200 personnes du mouvement sportif national.

Pour ce qui concerne les infrastructures, une planification de réalisation à court, moyen et long terme avait été envisagée. Si cette planification avait été suivie, à l’horizon 2010, tous les chefs-lieux du pays seraient dotés d’un stade omnisports. Conakry aurait eu également une salle polyvalente, un stade olympique et bien d’autres infrastructures sportives. Nous sommes en 2026, le constat, il faut le reconnaître, n’est pas du tout reluisant.

Au-delà des infrastructures, pensez-vous qu’il y a d’autres problèmes qui constituent un obstacle à la performance du football guinéen ?

Le second handicap, pour ce qui concerne le manque de performances, est que, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore réussi à mettre en place les fondamentaux du football national, à savoir un véritable championnat professionnel toutes catégories confondues, avec des clubs bien structurés.

Il faut également mettre un accent particulier sur le sponsoring et le management pour attirer beaucoup plus de sponsors et de partenaires, ainsi que sur la formation continue des arbitres et des acteurs du football.

Le troisième handicap relève de nos autorités : le manque d’ambition pour organiser des compétitions africaines, notamment le tournoi Cabral, la CAN U17 ou U23, etc.

Ces compétitions, en plus de donner de la visibilité à l’image du pays, ont des retombées bénéfiques sur le relèvement du niveau du football local.
montée des eaux.