“Tous ceux qui tiennent des propos pareils doivent être poursuivis” : l’activiste Kaly Diallo réagit après la condamnation de Béla Bah

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L’activiste des droits de l’homme Mamadou Kaly Diallo a réagi, ce mercredi 19 août, à la condamnation de l’activiste Abdourahmane Béla Bah par le Tribunal de première instance de Dixinn. Il dit notamment s’interroger sur l’impact de cette décision sur l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression en Guinée.

Béla Bah a été condamné à six mois de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu’au paiement de 40 millions de francs guinéens, pour des faits d’« injure et diffamation par le biais d’un système informatique » à l’encontre du grand imam de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara. Le tribunal a également ordonné la suppression de son compte Facebook.

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Réagissant à cette décision, Kaly Diallo, connu pour ses prises de position en faveur des droits humains, estime que la condamnation soulève des préoccupations quant à l’équilibre entre la répression des infractions et la protection de la liberté d’expression. “Étant activiste des droits de l’homme, c’est toujours une préoccupation quand une personne s’exprime. Finalement, il y a une décision de justice qui le condamne à un mois de prison ferme, plus que cinq mois de sursis. C’est pour nous une préoccupation comment allier le respect de liberté d’opinion, de liberté d’expression, la protection de ces caractères-là”, a-t-il déclaré.

Pour l’activiste, la liberté d’opinion et la liberté d’expression constituent des principes essentiels au fonctionnement de la démocratie. Il estime que la décision rendue contre Béla Bah pourrait avoir un effet dissuasif sur d’autres citoyens qui souhaiteraient s’exprimer publiquement sur des sujets d’intérêt général. “La déclaration universelle des droits de l’homme, la liberté d’opinion, la liberté d’expression constitue le fondement de la démocratie parce qu’elle crée le principe de la contradiction. Maintenant, une telle décision peut, si vous voulez, donner à réfléchir à d’autres mille fois avant de s’exprimer. Donc, voyez-vous, ça donne des préoccupations par rapport à l’exercice de l’effectif de la liberté d’opinion. Est-ce que cela ne va pas dissuader d’autres à se taire sur des sujets qu’il faille débattre dans l’intérêt général ? Voilà entre autres des préoccupations qui nous animent”.

Interrogé sur la question d’un éventuel « deux poids, deux mesures » dans le traitement judiciaire des propos tenus par des citoyens, Kaly Diallo appelle à l’application du principe d’égalité devant la justice. Selon lui, la crédibilité de l’institution judiciaire repose notamment sur sa capacité à garantir une égale protection à tous les citoyens et à traiter de manière équitable les infractions similaires. “La justice, pour créer le climat de confiance entre les justiciables et la justice, il faudrait que la justice s’exprime dans toute sa rigueur, mais dans le principe de l’égalité, c’est-à-dire le principe d’égalité des citoyens devant la justice, et égale protection de la justice vis-à-vis des citoyens”

L’activiste considère ainsi que toute personne qui commet une infraction similaire doit répondre de ses actes devant la justice, indépendamment de son statut ou de son appartenance. “Donc, s’il y a les uns qui commettent ces infractions, ils sont poursuivis, jugés et condamnés, Donc, par conséquent, tous ceux qui tiennent des propos pareils doivent être poursuivis par rapport aux infractions commises”.

La réaction de Kaly Diallo intervient alors que la défense de Béla Bah n’exclut pas de faire appel de la décision du Tribunal de première instance de Dixinn. Me Alseny Aïssata Camara, l’un des avocats de l’activiste, a indiqué que le collectif allait se concerter avec son client avant de décider de la suite à donner à cette affaire.