Malgré les inquiétudes exprimées par certains opérateurs économiques, le gouvernement guinéen réaffirme sa volonté de poursuivre, sans recul, la mise en œuvre de l’interdiction des objets plastiques à usage unique.
Dans une interview accordée à la RTG, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, a confirmé la détermination des autorités à appliquer le décret signé en septembre 2024, tout en assurant que des mesures d’accompagnement sont prévues pour faciliter la transition du secteur.
Elle a indiqué que la prochaine étape décisive interviendra le 20 septembre 2026, date à laquelle la production des plastiques à usage unique sera officiellement interdite sur l’ensemble du territoire national.
Pour la ministre, cette mesure répond à un impératif environnemental devenu urgent.
« Des milliers de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans la nature et obstruent nos caniveaux. Ces déchets se fragmentent en micro-particules qui contaminent l’eau, les sols, les poissons et le bétail, et affectent in fine la santé humaine », a-t-elle expliqué.
Signé en septembre 2024, le décret prévoit une mise en œuvre progressive afin de permettre aux entreprises de s’adapter. Selon la ministre, ce dispositif a été conçu pour donner au secteur privé le temps nécessaire à la reconversion.
« Il s’agit de permettre aux acteurs évoluant dans la production d’emballages plastiques de s’adapter et de disposer de suffisamment de temps pour opérer la transition », a-t-elle précisé.
Les produits concernés sont principalement les plastiques à usage unique, notamment les sachets d’eau, sacs de marché, gobelets et autres ustensiles jetables.
« Il existe toutefois des exceptions, notamment les emballages destinés aux équipements médicaux, aux activités agricoles, militaires ou à la collecte des déchets. Les bouteilles d’eau ne sont pas concernées afin de garantir l’accès à l’eau potable », a ajouté la ministre.
Face aux préoccupations du secteur privé, Djami Diallo affirme avoir privilégié une démarche de concertation.
« Nous avons adopté une approche de dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés. Des rencontres ont été organisées pour identifier les contraintes, recueillir les préoccupations et explorer des solutions de substitution », a-t-elle souligné.
Sur le terrain, les opérations de contrôle ont déjà débuté. La ministre indique qu’une vingtaine d’entreprises opérant dans l’illégalité ont fait l’objet d’inspections, avec des saisies de quantités importantes de sachets plastiques. Elle ajoute également qu’une baisse des importations de matières premières utilisées dans la fabrication de ces produits a été constatée.
Répondant aux inquiétudes liées à l’impact économique et à l’emploi, la ministre estime que le coût de l’inaction serait plus lourd.
« Le vrai coût, c’est celui de l’inaction. La pollution plastique entraîne déjà des inondations, des maladies et des pertes pour le secteur touristique. Cette réforme permettra également de créer de nouveaux emplois dans l’artisanat et la valorisation des déchets », a-t-elle affirmé.
Djami Diallo appelle par aillreurs les citoyens à adopter de nouveaux comportements de consommation.
« J’invite les Guinéens à refuser progressivement le sachet plastique et à adopter le panier guinéen, les sacs en tissu et les emballages biodégradables. Chaque geste compte pour protéger la santé des familles et construire un avenir durable », a-t-elle conclu.

