Fraude aux examens : le bras de fer s’intensifie entre le SNE et le ministère de l’Éducation

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La tension ne faiblit pas entre le ministère de l’Éducation nationale et le Syndicat national de l’Éducation (SNE). Au cœur de la controverse : les accusations de fraude lors des examens nationaux de la session 2026 et le retard dans le paiement des primes des acteurs mobilisés pour leur organisation. Alors que le ministère réfute catégoriquement ces allégations et annonce des poursuites judiciaires, le SNE persiste et signe.

Tout est parti d’un point de presse animé le 13 juillet par le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou. Le responsable syndical avait accusé certains cadres du ministère de l’Éducation nationale d’être impliqués dans des cas présumés de fraude lors des examens nationaux. Il avait également dénoncé le non-paiement des primes destinées à plusieurs catégories d’acteurs ayant participé à l’organisation des épreuves.
Ces accusations ont rapidement suscité une réaction du département de tutelle.

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Quatre jours plus tard, le 17 juillet, le porte-parole du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Mohamed Ansa Diawara, a balayé les accusations, qu’il qualifie d’« allégations mensongères ».

« Contrairement aux allégations mensongères distillées dans les médias par des personnes malintentionnées et des businessmen des crises perpétuelles dans notre système éducatif, toutes les primes ont été payées, à l’exception de celles relatives à la surveillance du baccalauréat unique, dont le paiement est en cours ce vendredi 17 juillet 2026 », a-t-il déclaré.

Le porte-parole a également annoncé l’ouverture d’enquêtes sur les cas de fraude évoqués, tout en révélant que le parquet avait été saisi.
« Des investigations sont en cours afin de traduire devant les tribunaux toute personne impliquée dans le processus de fraude. Monsieur le procureur de la République a également été saisi pour dénonciation calomnieuse visant les hauts cadres du ministère. Le département demeurera inflexible face à toute tentative de remise en cause du mérite et de l’excellence dans notre système éducatif », a-t-il affirmé.

Loin d’apaiser les tensions, cette sortie médiatique a provoqué une nouvelle riposte du Syndicat national de l’Éducation.
Réuni en session extraordinaire le 18 juillet à son siège, le Bureau exécutif du SNE a rejeté les déclarations du ministère dans une déclaration lue par son porte-parole, Aboubacar Diesto Camara.

Le syndicat soutient que plusieurs catégories d’intervenants n’ont toujours pas perçu leurs indemnités.
« Le SNE rappelle à l’opinion publique que, jusqu’à ce jour, plusieurs primes restent impayées. Il s’agit notamment des primes du secrétariat du BEPC, des correcteurs du BEPC, des délégués du baccalauréat unique, des superviseurs et coordonnateurs nationaux, des membres des jurys et des commissions de centralisation des notes. S’y ajoutent, pour l’enseignement technique et la formation professionnelle, les primes de surveillance, de correction, du secrétariat et des délégués », affirme le syndicat.

Le SNE estime également que le porte-parole du ministère a implicitement mis en cause son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, en réaction à ses précédentes déclarations.
« Mohamed Ansa Diawara a porté un doigt accusateur sur notre secrétaire général pour avoir dénoncé des dysfonctionnements qui sont pourtant réels et connus de tous », soutient l’organisation syndicale.
Face aux menaces de poursuites judiciaires brandies par le ministère, le syndicat assure qu’il ne cédera à aucune pression.
« Le SNE reste intransigeant face aux menaces et aux intimidations dans sa lutte contre les antivaleurs qui minent le fonctionnement du système éducatif guinéen », prévient-il.

À l’issue de sa réunion, le Syndicat national de l’Éducation a rejeté les explications du ministère et réitéré son exigence du paiement immédiat de l’ensemble des primes dues aux différents acteurs des examens nationaux.
« Au regard de tous ces dysfonctionnements, le SNE apporte un démenti cinglant aux propos du porte-parole du ministère de l’Éducation nationale et invite les autorités en charge de l’organisation des examens nationaux à procéder, sans délai, au paiement des primes dues aux ayants droit. Faute de quoi, le SNE usera de tous les moyens légaux à sa disposition pour obtenir satisfaction. »

Cette nouvelle passe d’armes entre le ministère et le principal syndicat du secteur laisse présager une escalade des tensions. Entre accusations de fraude, menace de poursuites judiciaires et revendications salariales, le climat reste particulièrement tendu à quelques jours de la fin des opérations liées aux examens nationaux.