Cour suprême : à peine ouvert, le procès de l’ancien procureur Algassimou Diallo suspendu

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Le procès de l’ancien procureur Algassimou Diallo s’est ouvert ce jeudi 15 octobre 2026 devant la Cour suprême, mais l’audience n’aura finalement été que de courte durée. Les magistrats ont décidé de suspendre l’examen de l’affaire afin de se pencher sur une requête introduite par les avocats de l’ancien magistrat.

Algassimou Diallo est poursuivi pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et d’association de malfaiteurs. » Avant d’aborder le fond du dossier, la Cour doit toutefois examiner une demande de récusation visant trois membres de la formation de jugement.

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Dès l’ouverture des débats, cette requête a été portée à l’attention de la juridiction. Le ministère public a alors pris position sur la démarche de la défense. Représentant le parquet, le procureur général Sidy Souleymane N’Diaye a estimé que la demande s’inscrivait dans le cadre prévu par les textes régissant la Cour suprême. « La demande est conforme à l’article 53 de la loi relative à la Cour suprême », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « le ministère public apprécie souverainement la requête ».

À l’issue de ces observations, la Cour s’est retirée pour examiner la demande et décider de la suite à donner à la procédure. La reprise des débats reste donc suspendue à sa décision.

Ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo est défendu par un collectif d’avocats composé notamment de Mes Alpha Amadou DS Bah, Almamy Samory Traoré et Houleymatou Bah.

Son dossier s’inscrit dans un contexte judiciaire et politique sensible. L’ancien magistrat est accusé d’avoir comploté avec Cellou Dalein Diallo, opposant guinéen en exil, dans le cadre de manœuvres présumées visant à déstabiliser la Guinée. Les accusations évoquent notamment des considérations ethniques et politiques. Ces faits restent à examiner dans le cadre de la procédure judiciaire.

Avant l’ouverture de son procès devant la Cour suprême, Algassimou Diallo avait déjà fait l’objet de sanctions disciplinaires. D’abord suspendu, il a ensuite été révoqué du corps de la magistrature par le Conseil supérieur de la magistrature.

Dans un décret publié le vendredi 21 août 2026, le président Mamadi Doumbouya a entériné cette révocation, prononcée la veille par le Conseil supérieur de la magistrature.

Le chef de l’État a également décidé de lui retirer le grade de Commandeur de l’Ordre national du Mérite, une distinction qui lui avait été attribuée à l’issue du procès relatif aux massacres du 28 septembre 2009.

Alors que ces mesures disciplinaires ont déjà marqué le parcours de l’ancien magistrat, la procédure devant la Cour suprême suit désormais son cours. La juridiction doit d’abord se prononcer sur la demande de récusation avant que l’examen de l’affaire puisse éventuellement se poursuivre.