Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, appelle à une profonde adaptation des institutions régionales et continentales africaines aux réalités actuelles. Pour lui, la CEDEAO et l’Union africaine doivent revoir le fonctionnement de leurs organes dirigeants et adapter certains de leurs protocoles aux nouvelles réalités politiques du continent.
Le chef de la diplomatie guinéenne s’est exprimé à Conakry, en marge de la cérémonie organisée en différé pour célébrer les journées de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Devant plusieurs diplomates accrédités en Guinée, il a dressé un bilan contrasté de l’action des deux organisations.
Morissanda Kouyaté a reconnu les avancées enregistrées ces dernières années, tout en estimant que de nombreux chantiers restent ouverts. « Certes, il y a eu des progrès accomplis, mais beaucoup de défis restent à relever », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, ces difficultés appellent une réforme du fonctionnement des institutions africaines. Il plaide notamment pour une réorganisation de leurs instances dirigeantes et une adaptation de certains textes qui encadrent leur action. «Ces deux organisations ont besoin davantage de restructuration de leurs organes dirigeants et d’une révision certaine de certains de leurs protocoles qui les régissent pour les adapter aux évolutions du moment », a-t-il estimé.
Dans son intervention, Morissanda Kouyaté s’est également arrêté sur la question de la gouvernance politique en Afrique de l’Ouest. Il s’est notamment appuyé sur une déclaration du président guinéen, Mamadi Doumbouya.
Selon le ministre, le chef de l’État avait rappelé que, parmi les quinze pays à l’origine de la création de la CEDEAO, plusieurs étaient alors dirigés par des chefs d’État issus de régimes militaires.
Une référence qui permet à Morissanda Kouyaté de remettre en question l’idée selon laquelle la légitimité ou la qualité d’un dirigeant dépendrait uniquement de son statut ou de son uniforme. « Ce n’est pas la tenue qui fait le leader, mais c’est le leader qui fait la tenue », a rapporté le ministre, reprenant les propos de Mamadi Doumbouya.
Le ministre des Affaires étrangères a également insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes au sein de l’Union africaine. À ses yeux, les institutions continentales doivent pouvoir suivre les transformations politiques et géopolitiques qui redessinent progressivement le paysage africain.
Au-delà des cérémonies et des commémorations, Morissanda Kouyaté appelle surtout à traduire les discours en décisions concrètes. « Nous ne pouvons pas continuer à célébrer les dates sans célébrer les changements positifs », a-t-il martelé.

