Le président du parti Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), Dr Abdoulaye Diallo, a porté un regard critique sur le processus électoral en cours en Guinée, à quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026.
Dans un accordé à Guinee360 ce mardi 12 mai 2026, l’acteur politique estime que le contexte actuel ne suscite ni engouement populaire, ni véritable compétition politique.
Selon lui, les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontées les populations relèguent les élections au second plan. « Les Guinéens sont suffisamment pauvres et préoccupés par la gestion du quotidien. On parle d’élections, mais il n’y a pas d’engouement », a-t-il déclaré.
Dr Abdoulaye Diallo considère également que les différents scrutins organisés dans le cadre du retour à l’ordre constitutionnel n’ont pas permis de résoudre les problèmes de fond du pays. « On avait une Constitution, on n’était pas heureux. On a une nouvelle Constitution, est-ce qu’on est réconciliés ? Non », a-t-il soutenu.
Le président du MSD estime par ailleurs que le climat apaisé observé lors des précédents scrutins s’explique davantage par l’absence d’enjeu politique réel que par une amélioration du cadre démocratique.
« Il n’y a pas d’enjeu. Tout le monde sait déjà quels seront les résultats », a-t-il affirmé, ajoutant que l’absence de grandes formations politiques contribue à cette situation.
Pour autant, Dr Abdoulaye Diallo relativise l’impact du retrait de certains partis sur l’avenir politique du pays. « Réduire le nombre d’acteurs politiques n’est pas bon pour la démocratie », reconnaît-il, avant d’ajouter que « le peuple doit sanctionner ou récompenser les partis par les urnes, et non par décret ».
Le leader politique estime cependant que plusieurs grandes formations ont montré leurs limites après des années de présence sur la scène politique guinéenne. Il cite notamment le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), l’Union des forces républicaines (UFR) et l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qu’il accuse de ne pas avoir réussi à faire progresser la démocratie en Guinée.
Interrogé sur l’absence de candidats du MSD aux élections du 31 mai, il précise que son parti participe au processus, mais n’a pas été en mesure de présenter des listes dans les délais impartis.
« Entre la publication de la liste des partis qualifiés et la clôture des candidatures, il n’y avait qu’une dizaine de jours. Ce délai était insuffisant pour sélectionner et équilibrer les candidatures », a-t-il expliqué.
Il critique ainsi l’organisation du processus électoral, qu’il juge peu favorable à une participation large et inclusive.
Le président du MSD estime que les autorités auraient dû créer les conditions permettant à tous les acteurs politiques de prendre part aux élections.
« Le pouvoir doit tout faire pour que tous les partis puissent être candidats. C’est cela, la démocratie », a-t-il martelé.
Revenant enfin sur les décisions du Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) concernant certains partis politiques, Dr Abdoulaye Diallo affirme ne pas être convaincu par les arguments avancés pour justifier leur dissolution ou leur suspension.
« Nous voulons que ce soit le peuple qui juge les acteurs politiques à travers le suffrage », a-t-il insisté, estimant que le respect des règles démocratiques demeure insuffisant en Guinée.

