Bah Oury : « Il nous faut un taux de croissance à deux chiffres »

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Premier ministre Bah Oury

Le Premier ministre Amadou Oury Bah appelle à maintenir la Guinée sur une trajectoire de forte croissance économique afin de réduire durablement la pauvreté et renforcer la protection sociale. Il s’exprimait ce lundi 10 août 2026, à l’occasion de la présentation du portefeuille du programme et du projet de réforme, organisée par le ministère de l’emploi du travail et de la protection sociale.

Au cœur de son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité pour la Guinée de créer davantage de richesses et de maintenir un niveau de croissance suffisamment élevé pour répondre aux besoins d’une population dont la croissance démographique reste importante. « Notre ambition, à travers les différents projets du programme Simandou 2040, c’est de tirer la croissance économique du pays. Et pour la simple raison que, pour lutter contre la pauvreté, il faut créer de la richesse », a déclaré Bah Oury.

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Pour le Premier ministre, la création de richesses doit toutefois s’accompagner d’une meilleure redistribution afin que les fruits de la croissance profitent davantage à la population. « Et cette richesse doit être correctement partagée. Pour que nous puissions, comme disent les économistes, inverser la courbe de la pauvreté, il nous faut, pendant une bonne durée, avoir un taux de croissance triple du taux de développement démographique. Nous avons un taux de croissance démographique d’environ 3,1% », a-t-il expliqué.

Partant de ce constat, Amadou Oury Bah estime que la Guinée doit viser durablement une croissance à deux chiffres. Une ambition qu’il juge nécessaire pour améliorer les conditions de vie des populations et renforcer les mécanismes de protection sociale. « Donc, il nous faut nécessairement, un taux de croissance à deux chiffres dans la durée pour répondre aux préoccupations d’une protection sociale renforcée pour tous nos compatriotes et être en mesure, disons, de traduire dans la réalité le droit constitutionnel reconnu à chaque Guinéen », a-t-il affirmé.

Le chef du gouvernement se veut toutefois optimiste quant à la capacité du pays à atteindre cet objectif. « Ce n’est pas impossible. Actuellement, nous frôlons les deux chiffres », a-t-il soutenu.

Mais pour Bah Oury, l’enjeu ne consiste pas seulement à atteindre ponctuellement un niveau élevé de croissance. Il s’agit surtout de maintenir cette dynamique dans le temps, alors que le pays mise fortement sur le programme Simandou 2040 pour accélérer sa transformation économique.

Le Premier ministre a ainsi mis en garde contre une dépendance excessive à l’activité minière. Selon lui, le projet Simandou constitue un puissant accélérateur de l’économie guinéenne, notamment durant sa phase d’investissement, mais d’autres secteurs devront progressivement prendre le relais. « L’année prochaine, les autres années, il faut toujours créer de la richesse. L’accélérateur qui est le projet minier Simandou va atteindre ses limites dans la génération d’autocroissance économique », a-t-il expliqué.

Bah Oury a notamment rappelé que le secteur minier, malgré son poids dans l’économie, ne peut à lui seul garantir une croissance durable et suffisamment créatrice d’emplois sur le long terme. « Comme vous le savez, les mines ne sont pas suffisamment un secteur, disons, en dehors de la phase d’investissement créateur d’emplois », a-t-il ajouté.