La mobilisation des enseignants contractuels ne faiblit pas. Réunis en nombre ce jeudi dans la cour du siège du Syndicat libre des enseignants chercheurs de Guinée (SLECG), ils ont une nouvelle fois réclamé leur intégration à la Fonction publique sans passer par un concours.
Dans une ambiance tendue, les manifestants ont scandé plusieurs slogans, dont « Vive la grève ! », « À bas François Bourouno ! », « À bas les traîtres ! » et « Non au concours, oui à l’engagement ! ». Des mots d’ordre qui témoignent de la fermeté des enseignants, déterminés à obtenir satisfaction sur leur principale revendication.
Face à cette colère, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a tenté de rassurer les protestataires. Le responsable syndical a notamment rejeté les accusations de corruption qui circulent autour du processus d’intégration, affirmant que les représentants des enseignants restent engagés dans la défense de leurs intérêts.
« Personne n’est soumis à la tentation de la corruption, parce que nous savons que nous sommes des pères et des mères de famille. Ce que tu vas faire aux enfants des autres, Dieu le rétribue à tes enfants. Soyez-en rassurés. En vous regardant dans les yeux, restez tranquilles : le combat, il est noble. On n’a peur ni d’aller en prison, ni d’être arrêté, ni de quoi que ce soit, parce que nous défendons des sans-voix », a-t-il déclaré.
Au cœur du bras de fer figure la question du concours annoncé pour l’intégration à la Fonction publique. Sur ce point, Pépé Balamou se montre particulièrement ferme.
Il affirme que le cas des 4 500 enseignants non retenus, mais ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10, est déjà réglé. Selon lui, ces enseignants ne seront pas appelés à subir de nouvelles épreuves. « La situation des enseignants contractuels est une situation déjà régularisée. Nous sommes opposés au principe du concours pour ceux qui sont les non-retenus. Nous avons dit qu’il n’y a pas question, ni aujourd’hui, ni demain, de parler de passation d’épreuves du concours pour les 4 500 non-retenus et ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10. Ce principe est déjà obtenu », a martelé Pépé Balamou.
Autre étape annoncée : la vérification des listes des enseignants concernés doit commencer dès vendredi. Les représentants de la coordination, de l’intersyndicale et de la commission technique doivent se retrouver pour examiner et actualiser les listes avant leur intégration dans le système FUGAS. « Dès demain vendredi, vos représentants de la coordination, ceux de l’intersyndicale et ceux qui appartiennent à la commission technique vont travailler sur votre liste qui va être projetée, et après affichée, et directement adaptée au système FUGAS. C’est ce qu’on a arrêté. Et c’est un point non négociable », a assuré le responsable syndical.
Tout en demandant aux enseignants de rester mobilisés et attentifs à la suite du processus, Pépé Balamou assure que l’intersyndicale entend poursuivre les démarches « jusqu’au bout ».
La question du statut des enseignants a également été évoquée au cours de l’assemblée générale extraordinaire. Le représentant du secrétaire général par intérim de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) a appelé à la prudence dans l’élaboration de ce document.
Pour lui, l’urgence de parvenir à une signature ne doit pas conduire à l’adoption d’un texte qui ne répondrait pas suffisamment aux attentes des enseignants. « Ce statut est un impératif catégorique non négociable. On est en train de travailler. On ne va pas prendre un statut bafoué, ou le faire à la va-vite, pourvu que le Président signe et que le contenu ne soit vraiment pas attrayant », a-t-il soutenu.
Au terme de la rencontre, les enseignants ont maintenu leur position et leur mobilisation. Les assurances données par les responsables syndicaux pourraient contribuer à calmer les esprits, mais la pression reste forte. La suite des discussions sur les listes et les modalités d’intégration devrait donc être particulièrement suivie dans les prochains jours.

