CRIEF : la chambre des appels confirme la relaxe d’Ali Jichi, son avocat évoque un “différend purement commercial”

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La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a confirmé, le 30 juillet dernier, la décision de relaxe d’Ali Jichi dans le litige qui l’oppose à ses anciens associés au sein de la société Électromatique. À l’issue de cette décision, l’un de ses avocats, Me Maurlis Sylla, est revenu sur les circonstances de cette affaire, estimant que la justice a reconnu le caractère essentiellement commercial du différend.

Le contentieux remonte à la fin de l’année 2021. Les plaignants, Mohamed Fawaz et Ali Farez, accusaient Ali Jichi d’avoir détourné près de 20 milliards de francs guinéens, 400 000 dollars américains et 450 000 euros. Des accusations que la juridiction spécialisée a finalement écartées, aussi bien en première instance qu’en appel.

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Selon Me Maurlis Sylla, le dossier trouve son origine dans un conflit entre associés d’une même entreprise. « Il s’agit d’une affaire opposant des associés. M. Ali Jichi détenait 29 % des parts sociales de la société Électromatique. L’entreprise était cogérée par M. Ali Jichi et M. Mahmoud Fawaz, avant que des divergences ne surviennent entre eux », a-t-il expliqué.

L’avocat rappelle que la société Électromatique, représentée par son gérant, avait déposé plainte en 2022 devant la gendarmerie avant que le dossier ne soit transmis au parquet spécial de la CRIEF.
Les poursuites visaient notamment des faits présumés de vol, abus de confiance, abus de biens sociaux et complicité.

Me Sylla soutient que les investigations menées au cours de la procédure ont permis d’écarter toute responsabilité pénale de son client. « Après plusieurs débats contradictoires et trois ou quatre expertises, toutes les conclusions ont concouru à disculper mon client des infractions qui lui étaient reprochées », a-t-il affirmé.
Insatisfaite de cette première décision, la partie civile avait interjeté appel devant la chambre des appels de la CRIEF.

Selon l’avocat, cette juridiction est parvenue à la même conclusion que les premiers juges. « La chambre des appels a conclu qu’il n’existait aucune charge pouvant être retenue contre M. Ali Jichi et a confirmé purement et simplement la décision rendue en première instance », a déclaré Me Maurlis Sylla.

Pour la défense, l’arrêt rendu confirme que le différend relevait davantage du droit commercial que du droit pénal. « Il ressort clairement qu’il s’agit d’une affaire à connotation purement commerciale. Tout au long des débats, il a été question de loyers impayés, de surfacturation, d’erreurs de commandes, d’annulations de commandes ou encore du fonctionnement des assemblées générales. Rien de tout cela ne caractérise une infraction pénale », a soutenu l’avocat.

Il souligne également que la procédure s’est étendue sur près de quatre ans, notamment en raison des changements intervenus au sein de la juridiction. « Chaque fois que les débats étaient clos, les remaniements intervenus dans la composition des magistrats obligeaient la Cour à reprendre la procédure depuis le début afin de respecter les exigences légales », a-t-il expliqué.

Me Maurlis Sylla estime que la motivation développée par la Cour constitue une décision de référence. « C’est une décision exemplaire dans l’analyse judiciaire de la CRIEF. La Cour a minutieusement motivé son arrêt et les professionnels présents à l’audience ont apprécié la qualité de cette motivation », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les causes profondes du différend, l’avocat établit un lien avec les activités parallèles d’Ali Jichi au sein de son entreprise familiale, spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. Selon lui, les tensions seraient apparues après l’obtention par cette société d’un important marché relatif à la construction du siège d’AFG Bank. « Électromatique exerce dans la vente de matériel électrique, tandis que l’entreprise familiale de M. Ali Jichi évolue dans le bâtiment, les routes et les ponts. Certains associés estimaient que ce marché devait revenir à Électromatique, alors que cette société n’avait jamais soumissionné et que ce projet ne relevait pas de son domaine d’activité », a-t-il affirmé.

L’avocat ajoute que son client avait par la suite manifesté son intention de céder ses 29 % de parts sociales afin de se consacrer entièrement à l’entreprise familiale. « Une offre de cession avait été formulée et même acceptée par écrit. Nous avions également saisi le tribunal de commerce de Conakry afin d’organiser cette cession dans les règles. Mais, contre toute attente, la procédure pénale a été engagée et le dossier s’est retrouvé devant la CRIEF », a-t-il expliqué.

Au terme de cette procédure, qui aura duré près de quatre ans, Me Maurlis Sylla se félicite de l’issue judiciaire. « Cette affaire s’est finalement soldée par la relaxe pure et simple de mon client », a-t-il conclu.