La Guinée a enregistré une envolée spectaculaire des investissements directs étrangers (IDE) en 2025, avec 7,8 milliards de dollars attirés, contre 1,4 milliard un an plus tôt. Si le gouvernement présente cette performance comme le fruit de sa politique d’attractivité, notamment autour du projet Simandou, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo livre une lecture nettement plus nuancée. Selon lui, cette progression exceptionnelle serait avant tout portée par la conjoncture internationale et la forte demande pour les ressources minières guinéennes, plutôt que par une politique spécifique d’attraction des investisseurs.
La Guinée a attiré 7,8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2025, contre 1,4 milliard de dollars en 2024, soit une progression de 457 %, selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Cette progression spectaculaire coïncide notamment avec l’entrée en production, à la fin de 2025, du gisement de fer de Simandou, l’un des projets miniers les plus importants au monde. Cette dynamique permet à la Guinée de se hisser au premier rang des pays d’Afrique subsaharienne en matière d’IDE et au deuxième rang à l’échelle du continent, derrière l’Égypte, qui a attiré 15,45 milliards de dollars.
Pour les autorités guinéennes, ces chiffres viennent conforter les efforts engagés pour améliorer l’environnement des affaires et renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Une interprétation que l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo conteste.
L’opposant en exil estime que l’ampleur des investissements enregistrés en 2025 doit surtout être replacée dans son contexte international. À ses yeux, la hausse des IDE est davantage liée à l’intérêt croissant des investisseurs pour les ressources minières guinéennes qu’à une stratégie gouvernementale particulière.
“Le problème, c’est que ce ne sont pas les résultats d’une politique judicieuse. C’est la conjoncture internationale, favorisée par une demande forte de nos mines. Ce n’est pas le fait d’une politique particulière d’attraction des investisseurs étrangers”, a nuancé l’opposant en exil, interrogé par RFI.
Cellou Dalein Diallo invite également à ne pas considérer la seule progression des IDE comme un indicateur suffisant de la performance économique du pays. Pour étayer son analyse, il met en avant l’évolution de la pauvreté et des inégalités.
L’ancien Premier ministre souligne ainsi que le dernier rapport de la Banque mondiale consacré aux inégalités et à la pauvreté, publié en octobre, fait état d’une dégradation de la situation sociale en Guinée. Selon lui, cette évolution relativise la portée des chiffres annoncés sur les investissements étrangers : “la pauvreté s’est aggravée dans le pays.”
La lecture défendue par Cellou Dalein Diallo introduit ainsi une distinction entre l’attractivité minière de la Guinée et l’efficacité de sa politique économique. Si Simandou a indéniablement contribué à faire bondir les flux d’IDE, la question demeure de savoir dans quelle mesure cette manne se traduit par une amélioration durable des conditions de vie et par des retombées économiques plus larges pour la population.

